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Des médecins prônent la fin du privé en imagerie médicale

10/04/2013 01:59 EDT | Actualisé 09/06/2013 05:12 EDT

Plusieurs grandes organisations de médecins demandent au gouvernement du Québec d'assurer la couverture publique de tous les examens d'imagerie médicale au nom de l'équité des patients.

Cette pratique représente une exception à la Loi sur l'assurance maladie, à laquelle les experts souhaitent que l'on mette fin afin d'améliorer l'accès à cette activité jugée médicalement essentielle.

Les médecins rappellent que plusieurs examens comme les échographies et les résonnances magnétiques sont payés par les patients lorsqu'ils sont réalisés à l'extérieur de l'hôpital. Ils estiment que la gratuité contribuerait à améliorer le système de santé puisqu'un retard dans le traitement des pathologies peut engendrer des augmentations de coûts.

« C'est d'abord une question d'équité », avance le président de Médecins québécois pour le régime public (MQRP), Alain Vadeboncoeur.

M. Vadeboncoeur estime que le Québec est suffisamment bien pourvu en radiologistes, en technologues et en équipement pour permettre une telle mesure. Seule une meilleure intégration des ressources sera nécessaire, selon MQRP.

L'organisme est à l'origine de la prise de position qui est appuyée par l'Association médicale du Québec (AMQ), le Collège québécois des médecins de famille (CQMF) et la Fédération médicale étudiante du Québec (FMEQ).

La Fédération des médecins spécialistes du Québec (FMSQ) soutient la position de MQRP, tout en précisant qu'elle ne fait que reprendre ce qu'elle défend elle-même depuis plusieurs années.

« La décision, la pertinence et la volonté de déterminer ce que contient le panier de services publics offerts à la population appartiennent exclusivement à l'État, qui a eu, a et aura toujours le loisir de faire ses choix législatifs », poursuit le président de la FMSQ, Gaétan Barrette.

« Il appartient au gouvernement de décider; par la suite, nous négocions en fonction de ce que le gouvernement a adopté comme législation. Il n'y a rien d'autre à dire. »

Québec ne s'y oppose pas

Dans une entrevue à Radio-Canada, Réjean Hébert, ministre de la Santé et des Services sociaux, s'est dit ouvert à l'idée d'une couverture publique de tous les examens d'imagerie médicale.

Le ministre estime qu'il faut « commencer par l'échographie, où les travaux sont assez avancés ».

« D'ici fin 2013, on devrait être en mesure de faire des annonces », a ajouté Réjean Hébert.

Pour le ministre de la Santé, « assurer un meilleur accès dans un délai raisonnable aux patients, c'est faire de la bonne pratique médicale. »

Les radiologistes contre la gratuité

Seule l'Association des radiologistes du Québec (ARQ) s'oppose à la couverture universelle des examens par imagerie médicale. Elle estime qu'il est faux de prétendre que la gratuité des examens entraînerait une plus grande accessibilité.

L'ARQ estime que la gratuité proposée coûterait environ 100 millions de dollars par année, mais elle doute que cette utilisation des fonds publics soit pertinente.

« Si l'État veut augmenter l'accessibilité en imagerie, nous proposons d'investir cet argent dans le réseau public pour le rendre plus productif et faire plus d'examens avec les ressources en place, poursuit M. Desjardins. Déjà, il faut maximiser l'utilisation des équipements en place dans les centres hospitaliers, souvent limitée en raison d'un sous-financement chronique. »

L'association reconnaît les problèmes d'accessibilité à l'imagerie, particulièrement dans la région de Montréal, mais elle ne croit pas que la gratuité constitue une solution miracle.

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