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Darfour: gagner la guerre grâce à de meilleures relations avec Juba (Khartoum)

10/04/2013 11:58 EDT | Actualisé 10/06/2013 05:12 EDT

Le ministre soudanais de la Défense, Abdelrahim Mohammed Hussein, a estimé mercredi qu'une amélioration des relations avec le Soudan du Sud aiderait l'armée à "mettre un terme" à la rébellion dans cette région occidentale du Soudan.

"L'application des accords de coopération avec le Soudan du Sud aura des conséquences sur la sécurité au Darfour", a estimé le ministre de la Défense, au cours d'un briefing au Parlement sur les questions de sécurité nationale.

"Ca va nous donner une occasion d'encercler les insurgés et nous aider à mettre un terme à la rébellion", a-t-il dit.

Ces accords prévoient notamment la création d'une zone tampon démilitarisée entre les deux pays, ce qui aurait pour effet de couper les bases arrière des rebelles vers le Soudan du Sud.

Le président soudanais Omar el-Béchir est attendu vendredi à Juba, pour sa première visite depuis la déclarationd'indépendance du Soudan du Sud le 9 juillet 2011.

L'armée soudanaise va bientôt reprendre l'offensive contre les rebelles, a déclaré le ministre de la Défense, recherché par la Cour pénale internationale (CPI) pour crimes de guerre présumés au Darfour.

Les rebelles ont annoncé ces derniers jours s'être emparés de deux localités, Muhajeria et Labado, à une centaine de kilomètres à l'est de Nyala, capitale du Darfour-Sud, ce qu'a confirmé la Mission conjointe ONU/Union africaine (Minuad) au Darfour.

La Minuad a également fait état de "plusieurs raids aériens possibles" dans le secteur et indiqué que des milliers de civils avaient cherché protection auprès de ses bases.

"Actuellement, nos troupes sont à 25 kms de Muhajeria et, dans les prochains jours, il y aura de bonnes nouvelles. Je pense qu'aujourd'hui ou demain, il y aura contact entre nos troupes et les leurs (...) Nous nous préparons à combattre les rebelles", a assuré le ministre soudanais.

Côté rebelle, Abdallah Moursal, porte-parole de l'Armée de libération du Soudan (ALS), faction de Minni Minnawi, a confirmé que le groupe rebelle tenait toujours mercredi les deux localités, qu'il a qualifiées de "secteur stratégique". Il a indiqué que son groupe se préparait pour la "seconde étape", sans expliciter davantage.

Abdelrahim Mohammed Hussein a justifié que les rebelles aient pu s'emparer de ces deux localités par le fait que les militaires soudanais étaient depuis février affectés à la sécurisation des convois alimentant Nyala en essence et en biens. "Hier (mardi), le dernier convoi est arrivé à Nyala, a-t-il dit.

La capitale du Darfour-Sud souffre d'une pénurie d'essence depuis environ trois semaines, a expliqué à l'AFP un habitant de Nyala.

Dans un point sur la situation rendu public mercredi, Small Arms Survey, un projet de recherche indépendant basé en Suisse, considère que le conflit au Darfour a été considérablement compliqué par les tensions sur la frontière entre le Soudan et le Soudan du Sud.

Malgré un accord de paix signé entre des groupes rebelles minoritaires et Khartoum, et "après plus d'une décennie de troubles, la résolution du conflit du Darfour reste une perspective lointaine", écrit Small Arms Survey.

str-it/mcl/feb

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