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Youtube, Netflix... : la télévision sur Internet omniprésente au MIPTV

09/04/2013 10:07 EDT | Actualisé 09/06/2013 05:12 EDT
AP
This July 20, 2010 file photo shows a Netflix customer turns on Netflix in Palo Alto, Calif. Netflix's Internet video service will debut in four Nordic countries before the end of the year, the latest step in an international expansion that has been crimping the company's financial results and stock price. In an announcement, Wednesday, Aug. 15, 2012, Netflix is coming to Norway, Denmark, Sweden and Finland fills in a blank that had been left open since earlier this year when the company disclosed its plans to enter another European market without providing specifics. The new market includes the setting for one of Netflix's original online video series, “Lillyhammer,” which revolves around a New York mobster who moves to Norway. (AP Photo/Paul Sakuma)

CANNES (AFP) - Chaînes Youtube, créations pour le web, productions du géant Netflix... : les nouveaux services de télévision sur Internet sont au coeur de l'actualité du marché international de l'audiovisuel MIPTV à Cannes (France), témoignant de l'engouement pour les plateformes de vidéo en ligne.

Alors que le MIPTV, vaste marché rassemblant les professionnels, fête cette année ses cinquante ans, "on voit une augmentation très importante des acheteurs de vidéo à la demande et des chaînes digitales" parmi les participants, souligne Laurine Garaude, responsable du département télévision du Reed Midem, la société organisatrice.

Pour la première fois, le MIPTV et la plateforme de diffusion de vidéo YouTube, propriété de Google, se sont associés pour présenter lundi les dernières tendances des chaînes Youtube. Parmi elles, les plateformes françaises humoristiques Studio Bagel et Golden Moustache, la chaîne culinaire de Jamie Oliver Food Tube ou encore la chaîne scientifique Vsauce...

Sans être des chaînes de flux comme à la télévision, ces espaces thématiques proposent des contenus plutôt courts et spécialement créés pour ce support.

Mardi, c'est Euronews qui a présenté sa nouvelle chaîne sur Youtube, Euronews Knowledge, qui fait partie des 13 chaînes thématiques sur YouTube.

En tout, ce sont plus de 60 chaînes nouvelles qui ont été inaugurées à l'automne par Youtube en France, en Allemagne, au Royaume-Uni et aux Etats-Unis, où une centaine de chaînes de la plateforme de vidéo en ligne existent déjà depuis octobre 2011.

"On pense que pour nous c'est un axe de développement fort", a souligné le président d'Euronews, Michael Peters, tout en indiquant travailler déjà à d'autres projets de chaînes sur la plateforme de vidéo en ligne.

Le groupe de production Endemol a lancé de son côté à ce jour une centaine de chaînes Youtube dont une en France, It's Big. Pour son président Tim Hincks, "c'est une époque absolument fantastique pour créer", même s'il faut "penser un peu différemment la créativité et le contenu".

"Toujours plus de télé"

Les nouveaux supports sont aussi au coeur de la réflexion des producteurs et créateurs au MIPTV.

"La création web vient très en évidence" et "on voit un grand lien entre grands producteurs de télévision et nouveaux écrans", souligne Laurine Garaude, citant notamment Anthony Zuiker, le créateur des "Experts", qui a lancé en septembre dernier une web série, "Cybergeddon".

Parmi les productions présentées au MIPTV, qui se tient jusqu'à jeudi, figure aussi "Hemlock Grove", deuxième production propre du site américain de streaming Netflix, après "House of Cards".

Avec ces productions de séries originales, longtemps réservées aux chaînes de télévision, le géant américain de vidéo à la demande payant vient bouleverser le système existant et les règles de la programmation, car tous les épisodes sont disponibles en même temps.

Ces nouveaux services "sont à la fois de nouvelles opportunités" pour les producteurs mais aussi "de nouveaux concurrents pour les diffuseurs traditionnels puisque les téléspectateurs veulent consommer de plus en plus à la demande", souligne Bertrand Villegas, co-fondateur de The Wit, qui analyse les tendances audiovisuelles.

Cependant, si "on regarde en direct, en différé, sur Youtube, sur Facebook, sur Netflix...", au final "tout le monde veut du contenu vidéo, toujours plus de télévision", poursuit-il. "Ça reste de la télé et la télé n'arrête pas de progresser..."