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Un séisme frappe l'Iran, au moins 20 morts et des centaines de blessés

09/04/2013 11:20 EDT | Actualisé 09/06/2013 05:12 EDT

Un puissant séisme a frappé mardi une zone rurale du sud de l'Iran, à une centaine de kilomètres de la ville de Bouchehr où est construite la seule centrale nucléaire du pays, faisant au moins 20 morts et 650 blessés selon un bilan provisoire qui pourrait s'alourdir.

L'installation nucléaire, située sur la côte du Golfe, n'a pas été endommagée, a affirmé le gouverneur général de la province de Bouchehr, Fereydoun Hasanvand.

Le séisme a également été ressenti dans plusieurs pays du Golfe, selon des témoins.

"Jusqu'ici, vingt corps ont été transportés à la morgue de l'hôpital" de Khormoj, une ville à 35 km au nord de la localité de Kaki, l'épicentre du séisme, a déclaré à l'agence Irna une source hospitalière locale, alors qu'un premier bilan faisait état de trois victimes.

Le gouverneur général a pour sa part fait état de 650 blessés dans le tremblement de terre d'une magnitude estimée à 6,1 par le Centre de sismologie iranien.

Des équipes de secours ont été envoyées dans la zone du séisme et le chef du Croissant-Rouge iranien, Mahmoud Mozafar, a dit craindre que le bilan s'alourdisse.

"Il est probable qu'il y ait des dégâts, étant donné que la zone touchée est rurale", a-t-il expliqué aux médias, notant des "dégâts majeurs" et un village "détruit à 100%" dans la zone de Khormoj.

Selon la télévision, les communications téléphoniques ont été coupées dans le secteur touché où près d'une quinzaine de répliques ont été enregistrées, la plus forte étant mesurée à 5,3 de magnitude.

Kaki, une localité de 12.000 habitants, est située à 89 km au sud-est de la ville côtière de Bandar Bouchehr.

Les autorités se sont voulu rassurantes sur l'impact de la secousse sur l'unique centrale nucléaire du pays. "Aucun dégât n'a été enregistré à la centrale nucléaire de Bouchehr", a déclaré M. Hasanvand à la télévision iranienne. L'ingénieur en chef de la centrale, Mahmoud Jafari, a également assuré à la télévision qu'il n'y avait eu "aucune rupture dans les protocoles opérationnels ou de sécurité".

Le séisme a eu lieu à 16h22 (locales, 11H52 GMT), selon le Centre américain de géophysique (USGS) qui a estimé sa magnitude à 6,3.

La secousse a été ressentie jusqu'à la grande ville de Shiraz, située dans les terres à 170 km au nord-est de Kaki.

Elle a été aussi ressentie dans les monarchies arabes du Golfe proches de l'Iran, notamment les Emirats arabes unies, Bahreïn, le Qatar et le Koweït provoquant la panique dans certaines tours de bureaux, selon des témoins.

"Je regardais la télévision quand tout l'immeuble s'est mis à trembler. On a eu très peur", raconte un habitant d'Abou Dhabi à l'AFP. Les médias locaux ont rapporté que plusieurs tours avaient été évacuées à Dubaï.

"Nous avons ressenti une légère secousse à Dubaï il y a un moment. Les lustres tremblaient", a raconté un habitant de Dubaï sur Twitter.

Des témoins à Manama ont pour leur part fait état de l'évacuation de plusieurs immeubles à la suite du séisme.

"Tout le bureau a tremblé. On a eu peur", a raconté pour sa part un employé travaillant dans une tour de la capitale koweïtienne.

La centrale nucléaire de Bouchehr, construite au bord du Golfe par la Russie qui fournit son combustible, a connu de nombreux déboires et arrêts techniques depuis son entrée en production à l'automne 2011. Moscou avait repris en 1995 la construction de la seule centrale iranienne, commencée par les Allemands avant la révolution islamique de 1979.

L'Iran, qui fêtait mardi la Journée nationale de la technologie nucléaire, est situé sur plusieurs failles sismiques importantes et a connu de nombreux tremblements de terre dévastateurs.

Le séisme le plus meurtrier ces dernières années a tué 31.000 personnes à Bam (sud), soit un quart de la population de la ville, en décembre 2003. En août 2012, deux secousses de magnitude 6,3 et 6,4 avaient fait 306 morts et plus de 3.000 blessés près de la ville de Tabriz (nord-ouest).

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