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Syrie: la coordination "tactique" s'impose parfois avec Al-Nosra (rebelles)

09/04/2013 08:24 EDT | Actualisé 09/06/2013 05:12 EDT

Les rebelles syriens ont tenu mardi à marquer leurs distances avec le Front Al-Nosra, qui vient d'être parrainé par Al-Qaïda, tout en reconnaissant qu'une coordination "tactique" avec ces jihadistes très bien équipés s'impose parfois sur le terrain en Syrie.

"Il n'y a jamais eu et il n'y aura jamais de décision au niveau du commandement pour une coordination avec Al-Nosra. C'est la situation sur le terrain qui impose cela", a affirmé mardi à l'AFP Louaï Meqdad, responsable de la communication pour l'Armée syrienne libre (ASL), principale composante de la rébellion,

Il réagissait à l'annonce par le chef d'Al-Qaïda en Irak que le Front al-Nosra, en première ligne dans le combat contre le régime syrien, est une branche de son groupe et que son objectif est d'instaurer un Etat islamique en Syrie.

"Al-Nosra existe, il est financé et armé, c'est pour cela que certaines brigades de l'ASL coopèrent avec eux dans certaines opérations sur le terrain. C'est une coopération tactique et ponctuelle (...) Al-Nosra n'est pas rattaché à l'ASL", a-t-il encore souligné.

Jusqu'ici, le groupe, formé de Syriens et de volontaires étrangers et classé comme "organisation terroriste" par Washington, était uniquement soupçonné d'être affilié à Qaïda. En Syrie, il s'est d'abord fait connaître par des attentats suicide, mais s'est ensuite mué en une redoutable force armée qui combat au côté de la rébellion.

Al-Nosra a pour ambition d'instaurer une gouvernance islamique dans la Syrie de l'après-Assad, affirmant qu'une fois le régime renversé, le pouvoir devra revenir aux moujahidine, les combattants islamistes.

"Nous ne soutenons pas l'idéologie d'al-Nosra", a indiqué M. Meqdad.

"Personne n'a le droit d'imposer aux Syriens la forme de leur Etat. Les Syriens iront aux urnes pour choisir leurs dirigeants", a-t-il répliqué.

"Notre but est clair: faire tomber le régime et (ériger) un Etat démocratique", a ajouté M. Meqdad.

Abou Bakr al-Baghdadi, chef d'Al-Qaïda en Irak --principale organisation irakienne affiliée à Al-Qaïda-- a affirmé mardi que "la +démocratie+ ne doit pas être la récompense après la mort de milliers" de combattants d'Al-Nosra.

M. Meqdad a souhaité en outre que "l'ASL soit suffisamment armé, équipé et financé pour ne pas avoir besoin d'une autre partie".

Les insurgés réclament d'être armés par la communauté internationale depuis la militarisation de la révolte en Syrie, mais les pays occidentaux hésitent, redoutant de les voir tomber aux mains d'extrémistes, une peur que pourrait alimenter l'annonce de la branche d'Al-Qaïda.

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