NOUVELLES

Slovénie: le lobby bancaire favorable à une aide européenne de précaution

09/04/2013 04:16 EDT | Actualisé 09/06/2013 05:12 EDT

Le lobby des grandes banques mondiales a estimé mardi que la Slovénie, nouveau sujet d'inquiétude au sein de la zone euro, devait faire appel au fonds de secours européen afin d'éviter un plan de sauvetage plus vaste associant le Fonds monétaire international.

"Une aide de précaution du Mécanisme européen de stabilité (MES) pourrait permettre d'assurer un accès plus serein au marché obligataire", écrit l'Institut de la finance internationale (IIF) dans un rapport sur cette ex-république yougoslave plombée par ses banques.

Ancienne élève modèle de la zone euro, la Slovénie est tombée en récession en 2012 et doit assainir un secteur financier gangrené par une montagne de mauvaises créances, faisant craindre que le pays, après Chypre, n'ait recours à l'aide internationale.

Selon l'IIF, qui représente plus de 450 banques mondiales, le "principal problème" est de savoir comment le pays couvrira ses besoins de financement nécessaires à la recapitalisation de ses banques, à l'heure où les marchés se montrent méfiants.

Mardi, la Slovénie n'a réussi à lever que 56 millions d'euros sur les marchés alors qu'elle en espérait près du double.

La capacité des banques nationales à financer le déficit budgétaire est limitée, ce qui explique la faible demande des investisseurs étrangers pour les titres de dette slovènes, indique l'IIF.

L'Institut estime que la dette publique slovène devrait atteindre 62% du produit intérieur brut cette année, en hausse de 8 points sur un an, et assure que les besoins de financement du pays pourraient atteindre jusqu'à 11,8 milliards d'euros sur la période 2013-2015, soit plus de 26% de sa richesse nationale.

"La confiance du marché obligataire serait renforcée (...) par un accord de précaution" au niveau européen qui permettrait aux bons du Trésor slovènes d'être rachetés par le MES afin de faire baisser les intérêts payés par le pays.

Une telle option serait moins "coûteuse" et "plus acceptable politiquement" qu'un plan de sauvetage global associant le FMI comme en Grèce, à Chypre au Portugal ou en Irlande, assure l'IIF.

Une telle option pourrait toutefois "s'avérer inévitable plus tard cette année (...) si le gouvernement n'est pas en mesure de revenir sur les marchés financiers sans l'aide du MES", prévient l'Institut.

Début avril, la Banque centrale slovène a assuré que le pays serait à même de rééquilibrer son système bancaire sans faire appel à l'aide internationale.

jt/sl/bdx

PLUS:afp