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Méditerranée: 10 ministres pour une approche globale de lutte contre le terrorisme

09/04/2013 12:50 EDT | Actualisé 09/06/2013 05:12 EDT

Dix ministres de l'Intérieur de pays de la Méditerranée, réunis mardi à Alger, ont décidé d'oeuvrer en faveur d'une "approche globale" de lutte contre le terrorisme fondée notamment sur la lutte contre la pauvreté, la prévention et le règlement des conflits.

Les dix ministres, membres du groupe 5+5, "décident d'oeuvrer en faveur d'une approche globale de la lutte antiterroriste fondée notamment sur l'Etat de droit, la justice sociale, la lutte contre la pauvreté, la prévention et le règlement des conflits", indique la déclaration finale adoptée à l'issue de cette réunion.

Le groupe 5+5 comprend cinq pays européens et cinq pays africains qui sont l'Espagne, le Portugal, la France, l'Italie, Malte, le Maroc, la Tunisie, la Libye, l'Algérie et la Mauritanie.

La France était représentée par son ambassadeur en Algérie, André Parant, son ministre de l'Intérieur Manuel Valls n'ayant pu faire le déplacement "en raison de motifs impérieux qui (le) retiennent à Paris", selon une lettre adressée aux participants et lue en son nom par son homologue algérien Dahou Ould Kablia.

Les ministres ont également convenus "d'intensifier la coopération en matière de sécurisation des frontières (...) et de renforcer davantage l'échange d'information en rapport avec les activités terroristes entre les services de sécurité et les forces de police", précise la déclaration.

La sécurisation des frontières "devra empêcher le passage des groupes criminels et la circulation des armes et munitions qui ont pris, ces derniers temps, des proportions inquiétantes", a indiqué M. Ould Kablia.

Ils ont plaidé en faveur d'une coopération accrue dans la lutte contre la "cybercriminalité" pour empêcher l'utilisation d'internet à des fins terroristes.

Selon la déclaration, les responsables politiques ont également décidé de "s'interdire autant que possible (...) le paiement de rançons aux groupes terroristes lors des prises d'otages, afin de tarir les sources de financement du terrorisme".

L'Algérie, a expliqué M. Ould Kablia, "continue de défendre le refus du versement des rançons aux groupes terroristes, en effectuant des démarches tant sur les plans politique que juridique, afin de sensibiliser la communauté internationale sur la nécessité de criminaliser cette pratique".

"Notre perception de la lutte contre le terrorisme doit intégrer, impérativement, la lutte contre l'extrémisme et le fanatisme qui conduisent vers la violence, en impliquant tous les acteurs de la société et à tous les niveaux", a-t-il dit.

Les dix ministres ont également discuté de la lutte contre le crime organisé, la circulation des personnes et l'immigration clandestine, selon le document.

Ils ont notamment décidé de renforcer la coopération contre l'immigration illégale et d'éviter "toute forme d'atteinte à la dignité des personnes", selon la déclaration.

Toujours sur les questions de l'immigration, les dix ministres se sont engagés à appuyer le développement dans les pays de la rive sud de la Méditerranée, point de départ des migrants clandestins vers l'Europe, et de faciliter "les procédures de visas aux pays des ressortissants des pays des deux rives".

M. Ould Kablia a précisé qu'il y avait "30.000 réfugiés à la frontière algérienne venus de pays voisins", à la suite de la guerre en Libye et au Mali.

abh/mcl

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