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L'expansion de Porter pourrait passer par l'achat d'avions CSeries de Bombardier

09/04/2013 08:13 EDT | Actualisé 09/06/2013 05:12 EDT

MONTRÉAL - Le transporteur Porter annoncera mercredi une «expansion» qui pourrait passer par une commande de 30 avions CSeries de Bombardier (TSX:BBD.B).

La nouvelle, pour le moins étonnante, a beaucoup fait jaser dans l'industrie aérienne mardi.

Lundi soir, le quotidien new-yorkais Wall Street Journal a rapporté que Porter est le client anonyme qui a signé une lettre d'intention visant l'achat de 12 avions CS100 de 110 places et prévoyant des options pour 18 appareils de plus. Si elle se concrétisait, la commande aurait une valeur d'environ 2 milliards $ US avant les rabais généralement consentis aux acheteurs d'avions.

Dans le communiqué publié en décembre pour annoncer cette lettre d'intention, Bombardier indiquait que le client était «un transporteur dans les Amériques» qui préférait rester anonyme.

L'achat de CSeries par Porter soulève quelques questions.

D'abord, la plaque tournante de l'entreprise, le petit aéroport Billy-Bishop, situé à un jet de pierre du centre-ville de Toronto, interdit tout vol d'avions à réaction. Pour convaincre les autorités d'abandonner cette restriction, Porter pourrait faire valoir que les CSeries seront moins bruyants que les jets existants. Une importante résistance citoyenne est tout de même à prévoir.

Ensuite, les appareils CS100 ont besoin d'une piste d'au moins 4900 pieds (1500 mètres) pour décoller alors que la piste la plus longue de l'aéroport Billy-Bishop ne mesure que 4000 pieds (1200 mètres).

À l'issue d'un discours prononcé à la tribune du Conseil des relations internationales de Montréal, mardi, le président et chef de la direction de Bombardier, Pierre Beaudoin, a eu un large sourire quand les journalistes lui ont parlé de Porter.

«J'ai vu les rumeurs et je n'ai rien à annoncer parce que la compagnie aérienne n'a rien annoncé», s'est-il borné à déclarer.

Dans une note, l'analyste Cameron Doerksen, de la Financière Banque Nationale, a indiqué que des avions CS100 exploités à partir de l'aéroport Billy-Bishop permettraient de rejoindre Winnipeg et la Floride.

Porter pourrait évidemment exploiter des avions CSeries à partir d'autres aéroports canadiens. Le grand patron du transporteur, Bob Deluce, a déjà fait part de son désir de procéder à une nouvelle commande d'avions et d'établir une base dans l'Ouest.

M. Doerksen s'est toutefois montré sceptique à cet égard.

«Si le projet de Porter est de déployer ses jets CSeries dans des villes qui ne sont pas reliées à l'aéroport Billy-Bishop (comme Calgary ou Vancouver), nous croyons que son avantage concurrentiel par rapport à Air Canada et à Westjet serait pour le moins limité. (...) Nous pensons que toute tentative de Porter d'étendre sa base dans l'Ouest susciterait une réponse majeure de la part d'Air Canada et de Westjet, qui disposent de réseau beaucoup plus importants et qui sont mieux capitalisés.»

M. Doerksen a souligné que pour effectuer une nouvelle commande d'avions, Porter devra vraisemblablement obtenir de nouveaux capitaux. L'entreprise pourrait tenter à nouveau d'entrer en Bourse, comme elle l'avait fait en 2010 et en 2011, mais sans succès.

Porter, qui exploite une flotte de 26 avions turbopropulsés Q400 de Bombardier, dessert une dizaine de villes de l'Est du Canada et des États-Unis. L'entreprise a transporté 2,45 millions de passagers l'an dernier.

L'action de Bombardier a gagné deux pour cent mardi pour clôturer à 4,08 $, à la Bourse de Toronto.

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