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Le gouvernement est le complice de l'anglicisation des allophones, selon le MQF

09/04/2013 10:34 EDT | Actualisé 09/06/2013 05:12 EDT
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QUÉBEC - Le gouvernement est le complice de l'anglicisation des allophones à Montréal, selon le Mouvement Québec français.

Le MQF demande au gouvernement de respecter ses propres règles sur l'emploi obligatoire du français dans ses communications avec les citoyens et les entreprises.

Le MQF a comparu, mardi, en commission parlementaire sur le projet de loi 14, proposé par le gouvernement Marois, qui vise à renforcer la Charte de la langue française.

En conférence de presse, le président du MQF, Mario Beaulieu, et le président de la Confédération des syndicats nationaux (CSN), Jacques Létourneau, ont manifesté leur appui au projet de loi du gouvernement, mais demandent toutefois d'aller plus loin.

M. Beaulieu soutient que les règles sur l'usage du français sont appliquées inégalement d'un organisme gouvernemental à l'autre, et que la loi actuelle est appliquée «très mollement».

Selon M. Beaulieu, si tous les services sont bilingues, le gouvernement est donc bilingue. En ce sens le gouvernement du Québec est «un des principaux facteurs d'anglicisation des allophones sur l'île de Montréal», a-t-il dit.

«Chaque fois qu'on donne des services gouvernementaux en anglais, on passe le message: pas besoin d'apprendre le français, on est (dans) un État bilingue, on peut très bien fonctionner en anglais», a-t-il déploré.

La poitique linguistique du gouvernement stipule qu'en général, les services de l'administration doivent être donnés en français seulement, mais dans les faits, «ce n'est pas ça qui se passe», a dénoncé M. Beaulieu, en évoquant notamment les cas de la Régie de l'assurance maladie, de la Société d'assurance automobile, de Revenu Québec, du Registraire des entreprises, etc.

Par exemple, le gouvernement communique en anglais avec des entreprises et contourne ainsi sa propre loi, a-t-il affirmé.

Le MQF exige donc que le gouvernement commence par appliquer sa politique et ses lois. Et il réclame que l'usage de l'anglais soit plus clairement balisé.

«Partout au monde où il y des systèmes basés sur le bilinguisme institutionnel, ça aboutit à l'assimilation des langues minoritaires. Même chose dans les milieux de travail, le bilinguisme, c'est ce qui nuit beaucoup au français.»

À ce propos, M. Létourneau soutient que le projet de loi 14 est «un minimum» et souhaite «des mesures plus fortes» pour le droit de travailler en français.

Il se préoccupe de la francisation des milieux de travail de 26 à 49 employés. Il estime que le rôle de l'Office québécois de la langue française est «moins clair» et en laisse un peu trop aux entreprises.

Il ne faut pas que la francisation repose simplement sur «la bonne foi», a expliqué M. Létourneau. Et par ailleurs, il s'oppose aux discours du patronat qui refuse la mise en place de nouvelles règles contraignantes de francisation.

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