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La première première ministre du Royaumne Uni rejetait l'étiquette féministe

09/04/2013 08:18 EDT | Actualisé 09/06/2013 05:12 EDT

LONDRES - Elle fut la première femme à diriger le Royaume-Uni, et une femme forte qui a frayé son chemin jusqu'au sommet d'un système politique dominé par les hommes, mais Margaret Thatcher rejetait l'étiquette féministe.

L'ancienne première ministre, décédée lundi à l'âge de 87 ans, avait déjà déclaré qu'elle ne devait rien au mouvement de libération des femmes, et elle laisse un héritage contesté aux femmes. Pour certaines, elle demeure une inspiration, symbole que tout était possible. Pour d'autres, elle n'a été qu'une individualiste qui a retiré l'échelle derrière elle après avoir accédé au sommet.

Meryl Streep, qui a remporté un Oscar l'an dernier pour avoir joué le rôle de Mme Thatcher dans le film «La Dame de Fer», a estimé que même si certaines des idées de Mme Thatcher étaient «malavisées», l'héritage qu'elle a laissé aux femmes était majeur.

«D'avoir donné aux femmes et aux filles de partout au monde une raison de supplanter les fantaisies de devenir une princesse par un autre rêve: mener leur pays; cela était révolutionnaire et admirable», a-t-elle déclaré.

Mais Wendy Webster, professeure d'histoire culturelle moderne à l'Université de Huddersfield, a soutenu que Mme Thatcher se percevait comme un cas unique qui ne devait rien au féminisme.

«Elle ne percevait pas sa carrière comme étant le fruit de quelque mouvement que ce soit», a expliqué Mme Webster, qui est l'auteure d'une analyse féministe de Mme Thatcher.

«Elle se voyait comme un individu unique qui avait réussi à cause de son propre talent et de sa propre détermination.»

Peu de personnes diminueraient les obstacles que Mme Thatcher a dû surmonter en tant que fille d'un épicier d'une ville rurale pour gravir les échelons du macho et patriarcal Parti conservateur britannique.

Malgré le fait qu'elle était diplômée de la prestigieuse université d'Oxford — en chimie, à l'époque un domaine inhabituel pour les femmes — elle a dû se battre pour être sélectionnée comme candidate parlementaire, et sa victoire à la course à la direction du parti en 1975 a secoué la scène politique britannique.

Elle n'a pas été la première femme à la tête d'un gouvernement moderne, mais elle était parmi les premières à ne pas être la fille ou la veuve d'un leader mâle.

Le premier ministre britannique David Cameron a déclaré lundi qu'il ne fallait pas oublier «que les dés étaient pipés contre elle».

«Elle était la fille d'un épicier de Grantham qui s'est rendue jusqu'au poste le plus important du pays», a ajouté le premier ministre.

Il y avait eu avant elle d'autres femmes pionnières, qui ont démontré que les femmes pouvaient aller à l'université, étudier et participer à la vie politique, mais elle se sentait peu liée à elles.

Son biographe officiel, Charles Moore, avait écrit en 2011 que Mme Thatcher «avait bénéficié de l'émancipation des femmes sans y accorder le moindre intérêt».

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