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Kerry entrevoit des "progrès" au Proche-Orient, scepticisme en Israël

09/04/2013 05:50 EDT | Actualisé 09/06/2013 05:12 EDT

Le secrétaire d'Etat américain John Kerry a fait état mardi de "progrès" à la suite de ses discussions avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu sur les perspectives de paix avec les Palestiniens.

"Il est juste de dire que nous avons fait des progrès", a déclaré M. Kerry aux journalistes avant une nouvelle rencontre mardi à Jérusalem avec M. Netanyahu, en compagnie duquel il a dîné lundi soir, l'occasion d'avoir "une discussion très longue et productive", selon lui.

"Le président (américain Barack) Obama ne pourrait pas être plus clair: l'Iran ne peut pas avoir et n'aura pas l'arme nucléaire", a-t-il assuré par ailleurs, en référence aux inquiétudes d'Israël vis-à-vis du programme nucléaire controversé de Téhéran.

Sur le dossier israélo-palestinien, MM. Kerry et Netanyahu sont convenus de "faire leurs devoirs lors des prochaines semaines", a ajouté le secrétaire d'Etat américain, saluant les "efforts de bonne foi" du Premier ministre israélien.

M. Netanyahu s'est dit pour sa part "déterminé non seulement à reprendre le processus de paix avec les Palestiniens mais aussi à faire un effort sérieux pour mettre fin à ce conflit une bonne fois pour toutes".

Le secrétaire d'Etat américain a expliqué lundi à Jérusalem privilégier une "stratégie discrète" pour relancer le processus de paix mais qu'il ne cèderait pas à la précipitation pour le faire avancer, à l'issue d'entretiens avec le Premier ministre palestinien Salam Fayyad et le président israélien Shimon Peres.

Washington a prévenu que M. Kerry, arrivé dimanche en Israël, souhaitait avant tout "écouter" les deux parties et "voir ce qu'il est possible" de faire pour relancer les négociations bloquées de facto depuis des années.

Le président palestinien Mahmoud Abbas, qui a reçu dimanche M. Kerry à Ramallah (Cisjordanie), a réitéré ses exigences pour reprendre les négociations, à savoir un gel de la colonisation juive en Cisjordanie et à Jérusalem-Est, et une reprise des pourparlers sur la base des lignes de juin 1967, c'est-à-dire avant le début de l'occupation des Territoires palestiniens par Israël.

Il réclame également la libération des prisonniers palestiniens les plus anciens détenus par Israël.

Dans la presse israélienne, qui consacre peu de place à la visite de M. Kerry, le ton est pessimiste sur les chances de John Kerry de parvenir à relancer des négociations.

"Pour Benjamin Netanyahu, tant que Kerry mène une +diplomatie discrète+ il n'y a pas de problème et tant que Barack Obama regarde tout cela de loin, il n'y a pas de quoi s'inquiéter pour lui", ironise le correspondant politique de la radio publique Chico Menaché.

La radio militaire a pour sa part indiqué que le gouvernement israélien refusait de présenter une carte d'un futur Etat palestinien, comme l'a demandé le président palestinien Mahmoud Abbas, ou de consentir à des "gestes de bonne volonté significatifs" pour convaincre les Palestiniens de revenir à la table des négociations.

"La balle est, comme d'habitude, dans le camp palestinien", a expliqué Sylvan Shalom, un ministre du Likoud (droite nationaliste), le parti de M. Netanyahu.

Encore plus explicite, le ministre du Logement, Uri Ariel, un colon du Foyer Juif, parti nationaliste religieux, a exclu à la radio publique un gel de la colonisation en Cisjordanie et à Jérusalem-Est. "Nous construisons et nous continuerons à construire partout", a prévenu le ministre.

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