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Thatcher, une géante parmi les dirigeants mondiaux, d'après Stephen Harper

08/04/2013 10:35 EDT | Actualisé 08/06/2013 05:12 EDT

OTTAWA - Le premier ministre Stephen Harper n'a pas fait économie de superlatifs pour saluer Margaret Thatcher, ancienne première ministre de la Grande-Bretagne décédée lundi matin à l'âge de 87 ans.

«Avec la disparition de madame la Baronne Thatcher, le monde a perdu une géante parmi les dirigeants mondiaux», peut-on lire dans un communiqué diffusé par le bureau de M. Harper, quelques heures après l'annonce du décès.

Il attribue à celle qui était surnommée la Dame de fer un rôle majeur dans la chute de l'Union soviétique (URSS) et, selon lui, «l’ère de paix et de prospérité qui a suivi la fin de la Guerre froide doit donc être considérée comme l’un de ses grands et durables dons à notre génération».

«Des millions de personnes vivent maintenant dans la dignité et la liberté qu’elle avait imaginées pour eux aux moments les plus sombres des années de l’après-guerre», dit encore le premier ministre.

M. Harper raconte aussi dans ce communiqué que lorsqu'il est devenu premier ministre, en 2006, il a reçu des conseils «sages et élégants» de Mme Thatcher.

Plus tard, dans la journée, en marge d'une cérémonie pour honorer des joueurs de hockey, M. Harper en a rajouté.

«Elle a eu une grande influence, pas seulement sur la Grande-Bretagne, mais en effet sur le monde, a-t-il dit. Nous jouissons d'une liberté, une prospérité, des opportunités aujourd'hui à cause de ses actions.»

Au micro de Paul Arcand, lundi matin, au 98,5 FM, l'ancien premier ministre conservateur Brian Mulroney a dit, lui aussi, que Mme Thatcher sera reconnue comme un des grands leaders du 20e siècle, la plaçant aux côtés de Winston Churchill.

«Elle a transformé son pays. Donc, elle est devenue impopulaire en le faisant. Mais son héritage est énorme, historique», a tranché M. Mulroney.

Jean Chrétien, qui l'a connue alors qu'il était ministre de la Justice, lors du rapatriement de la Constitution, se souvient qu'elle a su résister aux pressions des provinces canadiennes.

«Les gouvernements provinciaux faisaient du lobby. Ils avaient des délégations à Londres. Ils recevaient tous les députés, tous les lords à déjeuner et à dîner», a-t-il raconté lors d'un point de presse à Ottawa, lundi matin.

En rappelant qu'ils n'appartenaient pas au même courant politique, il a parlé d'une «femme très déterminée, qui savait exactement ce qu'elle voulait faire».

«On pouvait la critiquer tant qu'on voulait, ça ne la dérangeait pas beaucoup», a-t-il dit.

Puis, ne ratant pas une occasion de s'en prendre à ses adversaires politiques d'hier, il a convenu que Mme Thatcher devait applaudir lorsque son gouvernement libéral a éliminé le déficit. «Maintenant, nous avons à nouveau un déficit et ils sont conservateurs. Imaginez! Si elle pouvait commenter la chose, je suppose qu'elle ne serait pas très satisfaite d'eux», a lancé M. Chrétien.

L'opposition à Ottawa a utilisé peu de mots pour réagir au décès.

Le communiqué publié par le chef néo-démocrate Thomas Mulcair se contente de transmettre ses condoléances au peuple britannique. Et il reconnaît Mme Thatcher comme «une figure de proue» de la politique britannique et mondiale du siècle dernier.

«Sa grande détermination et sa ténacité étaient légendaires et même ses adversaires politiques ne pouvaient qu’admirer sa capacité à maintenir le cap qu’elle avait fixé pour son parti et son pays», a pour sa part souligné le chef par intérim des libéraux fédéraux, Bob Rae, dans un communiqué. Plus tôt, sur le fil Twitter, il avait salué «sa détermination et sa ténacité», tout en rappelant qu'il n'a jamais partagé ses opinions politiques.

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