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Quitter l'euro ramènerait Chypre "des siècles" en arrière (ministre)

08/04/2013 06:56 EDT | Actualisé 08/06/2013 05:12 EDT

Le ministre chypriote des Finances Haris Georgiades a déclaré lundi que quitter la zone euro ramènerait le pays "des siècles" en arrière et qu'il n'y avait pas d'alternative au plan de sauvetage international, malgré ses conditions draconiennes.

Une éventuelle sortie de l'euro "n'est pas à l'ordre du jour", a déclaré M. Georgiades devant la commission des Finances du Parlement.

"Il est temps de corriger les erreurs du passé. Il est temps de payer la facture. Nous ne pouvons dépenser que ce que nous avons dans les poches. Il n'y a pas d'autre option", a martelé le ministre.

"Il faut accepter la réalité. Les instructions du gouvernement à chaque ministère seront de reprendre à peu près à zéro le budget de l'année prochaine. Chaque ligne, chaque programme devront être expliqués et justifiés", a-t-il insisté.

Un peu plus tôt, le gouverneur de la Banque centrale, Panicos Demetriades, fortement remis en cause depuis le début de la crise, a estimé que les dirigeants politiques étaient responsables des conditions du plan, qui prévoit une restructuration drastique du secteur bancaire chypriote et de nouvelles mesures de rigueur en contrepartie d'un prêt de 10 milliards d'euros.

Les termes du plan de sauvetage résultent d'une "décision politique" devant laquelle la banque centrale doit assumer "sa responsabilité en tant qu'institution à faire face à une situation pénible", a-t-il assuré.

M. Demetriades s'en est pris particulièrement aux ministres des Finances de l'eurogroupe, assurant que la taxe sur l'ensemble des dépôts bancaires de l'île, y compris ceux en-dessous de 100.000 euros, était leur idée, et non celle des dirigeants chypriotes comme rapporté par des responsables européens.

Le gouverneur a aussi assuré que les dirigeants chypriotes avaient été pris de court le soir du 15 mars lors des négociations à Bruxelles, quand leurs partenaires leur ont annoncé que le plan de sauvetage ne porterait pas sur plus de 10 milliards d'euros, et non 17 milliards comme avancé jusqu'alors.

Ces négociations avaient abouti à l'aube à un premier accord prévoyant une taxe inédite sur tous les dépôts, qui a été rejeté par le Parlement chypriote.

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