DIVERTISSEMENT

Philippe Bond au Centre Bell: garder son cœur d'ado

08/04/2013 09:13 EDT | Actualisé 08/06/2013 05:12 EDT
Bum

Philippe Bond réalisait un rêve de petit garçon, vendredi soir, en foulant les planches du Centre Bell avec son premier spectacle solo qu’il promène dans tout le Québec depuis déjà deux ans et demi. Il y a quelques mois, le gérant de l’humoriste, constatant le succès remporté par son poulain, lui a suggéré deux possibilités pour la suite de sa tournée: se produire à 30 nouvelles reprises au Théâtre St-Denis (il s’y était déjà commis 30 fois), ou alors tenter l’expérience du Centre Bell. Pour celui qui a longtemps rêvé d’être joueur de hockey, le choix s’imposait de lui-même. «Ça va être la plus belle soirée de toute ma vie, je le sens!», a-t-il lancé en faisant irruption devant le parterre de près de 6200 admirateurs.

Or, si ce sont ses aspirations d’enfant que Philippe Bond voyait se concrétiser vendredi, c’est probablement l’adolescent en lui qui s’exprime tout au long de ce one man show composé d’anecdotes hilarantes, «toutes vraies», prend-il soin de préciser en début de prestation. Dans ses numéros, le jeune trentenaire se moque allègrement de sa «famille de mongoles», de sa mère, de son frère, de sa sœur, de ses neveux, de sa grand-mère, mais surtout de son père, qu’il surnomme avec beaucoup de tendresse «le Forrest Gump de Sainte-Adèle». Mais il le fait avec toute l’affection de l’adulte qui sait parfaitement avoir reçu le meilleur de ceux qui l’entourent. En résultent des récits colorés, toujours imagés et souvent très drôles, livrés par un conteur qui sait exactement comment puncher ses gags.

Il dépeint entre autres la formidable astuce trouvée par son oncle en état d’ébriété pour échapper aux policiers, la fois où il a surpris ses parents en train de faire l’amour, un échange de cadeaux de Noël chez une tante ou encore sa désastreuse tentative d’insérer des suppositoires à ses neveux.

Mais c’est lorsqu’il parle de son paternel que la verve de Philippe Bond frappe le plus fort. «Il a déjà été respectable dans la vie», dira-t-il à propos de celui qui a déjà été directeur de trois Caisses Desjardins et qu’il considère, malgré son évident plaisir à le prendre comme tête de Turc, comme son idole. Et Robert Bond semble en effet le genre d’homme qu’on voudrait tous avoir parmi ses proches. Si son fils n’avait pas pris soin de nous avertir que toutes les histoires qu’il balance sont véridiques, on n’aurait jamais cru, par exemple, qu’il était possible de s’infiltrer incognito au manoir de Star Académie en se faisant passer pour un intime de Marie-Mai, ou alors d’oublier son enfant en bobettes dans un stationnement de quincaillerie…

De toute façon, Philippe Bond sait qu’il doit beaucoup à l’auteur de ses jours. Pour donner confiance en lui à son fiston lorsqu’il était petit, Robert Bond collait un peu partout des post-its ratifiés de l’inscription «J’ai confiance en moi». «Ça a fonctionné. Aujourd’hui, je fais le Centre Bell, et je pratique le plus beau métier du monde!»

Quelques bonus

Question de marquer ce moment mémorable sous l’enseigne du Centre Bell, Philippe Bond a offert à ses spectateurs de petits extras qui ont semblé beaucoup plaire, à commencer par une vidéo d’ouverture nous le montrant, surexcité à outrance, s’éclater dans les couloirs du bâtiment, dans le vestiaire du Canadien et sur la glace, au volant de la zamboni. Geoff Molson, Jacques Aubé, grand manitou d’evenko, et Stéphane Richer y sont apparus dans d’amusants caméos.

Puis, en fin de parcours, il a raconté un incident survenu en région, alors qu’il effectuait la première partie du deuxième spectacle de Louis-José Houde, Suivre la parade. De quoi nous laisser croire que nos artistes québécois ne sont pas toujours sages comme des images lorsqu’ils s’éloignent de la maison… Juste avant la tombée du rideau, il a finalement fait monter sa famille sur la plateforme pour que celle-ci se fasse ovationner. Un honneur bien mérité!

Le jeune humoriste abitibien Derrick Frenette a assuré la première partie de la soirée. Efficace, il a fait mouche avec de nombreuses blagues sur son patelin d’origine et sur la vie amoureuse, disons, mouvementée de sa maman.

Philippe Bond poursuivra sa tournée de la province au cours des prochains mois. Pour en savoir plus, on consulte son site officiel, au www.philippebond.com.