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Pistolet Taser: la mort de Robert Dziekanski était un homicide

08/04/2013 04:36 EDT | Actualisé 07/06/2013 05:12 EDT
Paul Pritchard

La mort de l'immigrant polonais Robert Dziekanski à l'aéroport de Vancouver il y a six ans à la suite d'une altercation avec des agents de la Gendarmerie royale du Canada (GRC) était un homicide, conclut un coroner de la Colombie-Britannique.

En langage de coroner, le terme homicide est considéré comme « neutre » et n'attribue aucun blâme. Il signifie que la mort a été causée par les actions d'une ou d'autres personnes, et non par d'autres facteurs.

Le coroner Patrick Cullinane écarte la possibilité qu'un problème de santé ou qu'une autre cause, comme l'usage de drogues, aient pu conduire à la mort de Robert Dziekanski. Il affirme plutôt être en accord avec les conclusions de l'enquête publique présidée par le commissaire Thomas Braidwood qui a conclu, dans son rapport final publié en 2010, que l'utilisation d'un pistolet électrique par les agents lors de l'incident n'était pas justifiée.

Robert Dziekanski est mort le 14 octobre 2007 après un vol de 10 heures en provenance de Pologne qui devait lui permettre d'immigrer au Canada et de s'installer chez sa mère à Kamloops, en Colombie-Britannique.

Son comportement agité et désorienté dans la zone internationale de l'aéroport a provoqué l'intervention de quatre membres de la GRC.

L'homme de 40 ans a alors reçu cinq décharges de pistolet électrique qui lui ont fait perdre la vie quelques minutes plus tard.

L'incident, enregistré sur vidéo par un témoin originaire de Victoria, a rapidement été diffusé sur Internet et a fait le tour du monde.

Une enquête interne a d'abord blanchi les quatre policiers impliqués dans la mort de M. Dziekanski, avant que la pression populaire ne conduise à la commission Braidwood.

En mai 2011, après plusieurs rebondissements, les quatre agents de police ont été accusés de parjure, car ils auraient menti lors de l'enquête publique.

Réagissant au rapport du coroner Cullinane, la ministre britanno-colombienne de la Justice, Shirley Bond, a rappelé ces accusations. Elle a annoncé qu'elle ne prendrait aucune décision quant à une éventuelle enquête policière, qui pourrait mener au dépôt d'accusations criminelles, avant que les procès pour parjure aient eu lieu, soit d'ici au début de 2014.