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Margaret Thatcher a aidé Trudeau à rapatrier la Constitution canadienne

08/04/2013 03:53 EDT | Actualisé 08/06/2013 05:12 EDT

Margaret Thatcher, décédée lundi, a joué un rôle essentiel dans le rapatriement de la Constitution canadienne en 1982, a souligné lundi un historien québécois qui a enquêté huit ans sur cet événement marquant dans les rapports entre Ottawa et Québec.

"God bless Margaret Thatcher", avait déclaré à l'époque le Premier ministre libéral canadien Pierre-Elliott Trudeau, qui avait fait du rapatriement de ce document un élément majeur de son dessein pour le Canada, a indiqué l'universitaire Frédéric Bastien, en présentant son livre intitulé "La Bataille de Londres, dessous, secrets et coulisses du rapatriement constitutionnel".

Nécessaire pour la réforme constitutionnelle prônée par les libéraux fédéralistes, cette opération controversée était aussi une réponse de ces mêmes libéraux aux Québécois, après l'échec d'un référendum sur l'indépendance de la province francophone en 1980.

Le rapatriement de la Constitution --qui se trouvait à Londres parce que le Canada faisait partie de l'empire britannique-- a permis au Canada d'y inclure une Charte canadienne des droits et Libertés, souhaitée par M. Trudeau.

N'arrivant pas à obtenir de réforme constitutionnelle au parlement canadien, M. Trudeau a demandé et manoeuvré pour que la Grande-Bretagne lui offre la Constitution, ce qui avait été qualifié à l'époque de "coup d'Etat" par le haut commissaire britannique au Canada, John Ford.

En Grande-Bretagne, Mme Thatcher avait dû faire face à des réticences au sein de son propre parti conservateur comme dans l'opposition. "Elle voulait se débarrasser de la Constitution canadienne, elle trouvait que c'était un pouvoir que les Britanniques ne devaient pas avoir", a expliqué M. Bastien.

Selon l'historien québécois, l'intervention de la Cour suprême canadienne, qui a fait pencher la balance en faveur du gouvernement fédéral, était une transgression de la règle de séparation des pouvoirs judiciaire et politique, ce qui justifie le terme de "coup d'Etat": un juge de la Cour suprême canadienne, Bora Laskin, grand partisan de la Charte, avait rencontré des hauts fonctionnaires britannique et canadien.

La Cour suprême a supprimé en septembre 1981 la règle de l'accord unanime de toutes les provinces pour une modification de la Constitution. Sept provinces opposées à la réforme ont fini par l'accepter, tandis que le Québec l'a refusée.

via/jl/are

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