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Les entreprises canadiennes se font moins optimistes après une année difficile

08/04/2013 12:39 EDT | Actualisé 08/06/2013 05:12 EDT

OTTAWA - Les entreprises canadiennes sont plus pessimistes au sujet de l'économie, révèle la plus récente étude de la Banque du Canada sur les perspectives des entreprises.

L'enquête trimestrielle de la banque centrale, réalisée auprès de 100 entreprises représentant divers secteurs de l'économie, confirme la récente tendance marquée par de faibles perspectives de ventes, d'embauches et d'investissements.

«Globalement, les résultats de l’enquête du printemps montrent qu’après un ralentissement de l’activité économique observé récemment, les firmes s’attendent à ce que les conditions économiques demeurent difficiles dans les 12 mois qui viennent», a indiqué lundi la banque centrale dans son analyse des résultats.

«Le solde des opinions concernant les investissements est positif, bien qu’il ait reculé, et les intentions d’embauche ont peu varié. Les répondants ont signalé que l’incertitude continue de peser sur leurs plans et décisions.»

Les résultats ne sont pas surprenants, compte tenu que l'économie canadienne a peiné à conserver son élan pendant la plus grande partie de la dernière année. Les six derniers mois de 2012 ont produit un taux de croissance moyen d'environ 0,7 pour cent, le pire depuis la récession de 2008-2009, et les trois premiers mois de 2013 ont vu le nombre d'emploi reculer d'environ 26 000 en tout.

Le plus important déclin par rapport au sondage précédent a été observé au niveau des taux de croissance des ventes. Près de la moitié des répondants ont indiqué que la croissance de leurs ventes avait été pire l'an dernier que lors de la précédente, tandis que seulement 31 pour cent ont dit qu'elle s'était améliorée. Dans son enquête hivernale, les réponses positives et négatives étaient presque divisées à part égales.

En outre, les intentions d'investissement ont reculé. Quelque 39 pour cent des entreprises planifient d'augmenter leurs dépenses pour des machines ou de l'équipement au cours de 12 prochains mois, mais 27 pour cent affirment qu'ils dépenseront moins, un écart positif de 12 points. C'est le deuxième plus petit écart positif à ce chapitre depuis 2009 — il était de plus de 20 pour cent lors de l'enquête précédente.

Les intentions d'investissement pourraient représenter un sérieux problème pour l'économie puisque les dépenses des entreprises, ainsi que les exportations, sont deux secteurs clés sur lesquels la Banque du Canada compte pour appuyer la croissance cette année. De récents indicateurs ont cependant révélé que les exportations n'avaient pas rebondi comme la banque centrale l'espérait.

Certains points plus positifs

D'autres éléments de l'enquête sont plus positifs, mais pas au point d'être emballants. Au sujet des futurs volumes de vente, les entreprises se sont montré légèrement plus confiantes et s'attendent à connaître de meilleures ventes au cours des 12 prochains mois que lors de l'année dernière.

Les intentions d'embauche se sont légèrement améliorées, 45 pour cent des répondants ayant indiqué avoir l'intention d'embaucher davantage de travailleurs dans les 12 prochains mois, alors que seulement 13 pour cent prévoient devoir faire des mises à pied. L'écart positif de 32 points entre les deux opinions est sensiblement meilleur que celui de 28 points de l'enquête précédente.

Des analystes ont estimé que ces résultats auraient pu être pires et qu'ils étaient suffisamment positifs pour appuyer la décision de la banque centrale de laisser ses taux d'intérêt inchangés. Plusieurs observateurs s'attendent à ce que son taux directeur reste à un pour cent jusqu'à 2014.

«Ça aurait pu être mieux et ça aurait pu être pire, mais en bout de ligne, l'opinion plus négative vis-à-vis des investissements en équipement pour les 12 prochains mois complique les prévisions de la Banque du Canada, qui misait sur une accélération (de la croissance économique)», a observé Jimmy Jean, analystes chez Desjardins Marché des capitaux.

«Le premier trimestre pourrait facilement décevoir à cet égard, s'il faut se fier au (faible) volume d'importations de machine industrielles, un indicateur raisonnable pour les dépenses en machines et équipement.»

La banque centrale devra vraisemblablement réviser à la baisse ses prévisions officielles pour l'économie plus tard en avril, a estimé M. Jean. Pour l'instant, elle vise une croissance de 2,3 pour cent pour le premier trimestre et de deux pour cent pour l'ensemble de l'année. Les prévisions des économistes estiment déjà, en moyenne, que la croissance annuelle ne sera que de 1,6 pour cent en 2013.

D'autres résultats de l'enquête ont laissé entrevoir des faiblesses dans les conditions économiques. Un plus petit nombre d'entreprise a notamment indiqué être aux prises avec une pénurie de main d'oeuvre, un signe que le marché du travail connaît un relâchement.

Selon la banque centrale, certaines entreprises de moindre taille comprises dans l'étude ont dit éprouver plus de difficultés à obtenir du crédit, mais une enquête distincte réalisée auprès des responsables du crédit indique en fait que les conditions de prêt se sont légèrement assouplies au cours du premier trimestre de 2013.

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