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Les armes chimiques du régime syrien, un arsenal mystérieux

08/04/2013 10:49 EDT | Actualisé 08/06/2013 05:12 EDT

L'arsenal chimique syrien existe depuis plusieurs décennies et est considéré comme l'un des plus importants au Moyen-Orient, mais il continue à faire l'objet de supputations, les données publiques étant quasi inexistantes.

Lundi, le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon a annoncé que les enquêteurs de l'ONU qui devront déterminer, à la demande de Damas, si des armes chimiques sont utilisées dans le conflit syrien sont "prêts" à être déployés.

Le régime syrien a reconnu pour la première fois le 23 juillet 2012 posséder des armes chimiques et a menacé de les utiliser en cas d'intervention militaire occidentale, mais jamais contre sa population.

Le gouvernement et l'opposition armée s'accusent mutuellement d'avoir employé des armes chimiques dans les régions d'Alep (nord) et de Damas dans le cadre du conflit ravageant le pays. Damas avait déposé le 20 mars une requête officielle pour une enquête de l'ONU. La Grande-Bretagne et la France avaient de leur côté demandé que l'ONU enquête sur des allégations d'utilisation d'armes chimiques par le régime syrien.

L'ONU a nommé à la tête de l'enquête le scientifique suédois Ake Sellstrom, qui avait participé à la chasse aux armes de destruction massive de l'Irak dans les années 1990.

La Syrie est l'un des rares pays à ne pas avoir signé la Convention sur l'interdiction des armes chimiques et n'est donc pas membre de l'Organisation chargée de contrôler son application, l'OIAC.

Le programme syrien a été lancé dans les années 1970 avec l'aide de l'Egypte puis de l'ex-URSS. La Russie dans les années 1990 puis l'Iran depuis 2005 lui ont également fourni un soutien, selon la Nuclear Threat Initiative (NTI), une organisation indépendante recensant les données "ouvertes" sur les armes de destruction massive.

Selon une analyste au programme de non-prolifération et de désarmement de l'Institut international d'études stratégiques (IISS), il s'agit "du plus grand programme d'armes chimiques au Proche-Orient, créé à l'origine dans le but de contrebalancer le programme nucléaire d'Israël".

L'analyste indique que des informations importantes sur ce programme ont été collectées à la suite de la défection de plusieurs officiers, mais que "ces informations sont loin d'être complètes".

Selon un expert au centre d'études sur la non-prolifération à l'Institut Monterey (Etats-Unis), les stocks syriens sont de l'ordre de "centaines de tonnes" d'agents chimiques divers. "Leur panoplie d'agents chimiques est assez robuste", estime un spécialiste français de l'armement chimique à la Fondation pour la recherche stratégique (FRS).

Les Syriens "ont réussi à maîtriser la synthèse des organophosphorés: c'est la dernière génération la plus efficace et la plus toxique des armements chimiques. Dans cette famille, on trouve le Sarin et le VX", ainsi que des "agents beaucoup plus anciens comme le sulfure d'éthyle dichloré, c'est-à-dire le gaz moutarde", avait-il expliqué à l'AFP en juillet dernier.

Le 30 janvier, l'aviation israélienne a bombardé près de Damas un site de missiles sol-air et un complexe militaire adjacent, soupçonné d'abriter des produits chimiques, Israël craignant des transferts d'armes au Hezbollah chiite libanais, d'après un responsable américain.

Selon des informations publiées par le New York Times, le raid pourrait avoir endommagé le principal centre syrien de recherche sur les armes biologiques et chimiques.

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