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L'Egypte suspend les visites de touristes iraniens après des incidents

08/04/2013 07:51 EDT | Actualisé 08/06/2013 05:12 EDT

L'Egypte a décidé de suspendre jusqu'à la mi-juin les visites de groupes de touristes iraniens, après des manifestations d'hostilité de la part de groupes salafistes (fondamentalistes sunnites) à tout rapprochement avec l'Iran chiite, a-t-on appris lundi auprès du ministère du Tourisme égyptien.

"Nous allons suspendre jusqu'à la mi-juin les arrivées de groupes de touristes iraniens", a déclaré à l'AFP une porte-parole du ministère, Rasha Azaizi.

Ce délai sera mis à profit pour "réévaluer la situation" avec toutes les parties concernées, y compris les autorités iraniennes, a-t-elle ajouté.

La porte-parole a reconnu que la venue la semaine dernière d'un groupe d'une cinquantaine de touristes venus d'Iran -les premiers depuis des décennies- avait "mécontenté certains groupes salafistes" égyptiens.

Ces touristes, arrivés en avion à la faveur d'une reprise des vols entre les deux pays interrompus depuis trente ans, avaient notamment visité les grands sites pharaoniques d'Assouan et Louxor, en Haute-Egypte.

Vendredi dernier, des manifestants islamistes ont tenté d'envahir la résidence du chargé d'affaires iranien au Caire et lancé des pierres contre le bâtiment pour dénoncer la "propagation du chiisme", branche de l'islam largement majoritaire en Iran.

L'Egypte et l'Iran, dont les relations diplomatiques sont rompues depuis la révolution islamique de 1979 à Téhéran, ont manifesté une volonté de rapprochement depuis l'arrivée à la présidence égyptienne de Mohamed Morsi, issu des Frères musulmans.

En mars, l'Egypte, dont le secteur touristique traverse une grave crise, a signé avec l'Iran des accords pour promouvoir le tourisme entre les deux pays.

Mahmoud Ahmadinejad, premier chef d'Etat iranien à se rendre en Egypte depuis 30 ans, a été reçu avec les honneurs en février par Mohamed Morsi, qui s'était lui-même rendu à Téhéran à l'occasion du sommet des non-alignés en août 2012, devenant le premier président égyptien à visiter l'Iran depuis 1979.

Ce réchauffement s'était aussi traduit le 30 mars dernier par le premier vol vers Téhéran au départ du Caire après plus de trente années d'interruption.

Le ministre de l'aviation civile, Wael al-Maadawy, avait indiqué que des vols reprendraient entre la République islamique et les villes touristiques du sud de l'Egypte, Louxor, Assouan et Abou Simbel.

cr/iba/mcl

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