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Le Qatar s'engage à apporter 500 millions de dollars au Darfour

08/04/2013 03:57 EDT | Actualisé 07/06/2013 05:12 EDT

Le Qatar s'est engagé lundi à apporter 500 millions de dollars d'aide au Darfour, au deuxième et dernier jour d'une conférence internationale sur le développement de cette région de l'ouest du Soudan dévastée par dix ans de guerre civile.

"J'annonce l'engagement du Qatar à apporter 500 millions de dollars de dons et de contributions au développement du Darfour", a annoncé devant la conférence Ahmad Ben Abdallah al-Mahmoud, ministre d'Etat aux affaires du Conseil des ministres, selon l'agence officielle Qna du Qatar.

Le ministre a rappelé à l'occasion la promesse faite en février 2010 par le Qatar de créer une banque dotée d'un capital d'un milliard de dollars pour développer le Darfour.

Le représentant de l'Allemagne a pour sa part annoncé une promesse d'aide de 60 millions d'euros, et d'autres délégués ont apporté leur soutien au développement du Darfour sans annoncer de contribution.

Dimanche, le Royaume-Uni s'était engagé à apporter 16,5 millions de dollars par an sur trois années pour aider les agriculteurs du Darfour et pour la formation professionnelle.

Ce don "va aider les plus pauvres à se prendre en charge et à faire face aux crises" éventuelles, a souligné à Londres la ministre du Développement international, Lynne Feathersone.

Le Qatar parraine depuis des années un processus de paix au Darfour qui a permis la signature d'accords de cessation des hostilités entre le gouvernement de Khartoum et des groupes rebelles minoritaires.

Doha accueille depuis dimanche une conférence internationale pour le développement du Darfour avec la participation de 400 responsables gouvernementaux, d'experts de l'ONU et de représentants d'organisations non-gouvernementales.

Les organisateurs espèrent susciter des contributions de 7,2 milliards de dollars sur six ans pour développer le Darfour, où les infrastructures sont presque inexistantes et où 1,4 million de personnes --sur 6 millions d'habitants-- vivent dans des camps de déplacés en raison de l'insécurité.

Sur le terrain, même si les violences ont nettement baissé, les escarmouches se poursuivent en effet entre rebelles et soldats, de même que des accrochages entre tribus rivales, des enlèvements et des vols.

La conférence a ainsi été précédée par des manifestations de déplacés dans les camps du Darfour qui protestaient contre l'insécurité et deux des principaux groupes rebelles ont dénoncé cette rencontre.

"Je voudrais condamner très fermement" la conférence de Doha, a déclaré à l'AFP Abdel Wahid Mohammed Al Nour, chef d'une faction de l'Armée de libération du Soudan (ALS). "Pour avoir une conférence des donateurs, il faut d'abord avoir la paix et la sécurité sur le terrain", a-t-il ajouté, estimant que l'argent n'irait "pas aux populations".

Jibril Adam Bilal, du Mouvement pour la Justice et l'Egalité (JEM), a demandé à la communauté internationale de ne pas "donner au gouvernement du Soudan une occasion de se livrer à des crimes" contre le peuple du Darfour.

bur/mh/fc

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