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Le coeur de Damas frappé par un attentat suicide qui fait plus de 15 morts

08/04/2013 07:40 EDT | Actualisé 08/06/2013 05:12 EDT

Damas a été frappée au coeur lundi par un puissant attentat suicide à la voiture piégée qui a fait plus de 15 morts et 53 blessés selon les médias officiels, après une série d'explosions ayant fait des dizaines de morts ces dernières semaines dans la capitale syrienne.

"Des terroristes ont fait exploser une voiture piégée entre la place Sabee Bahrat et la rue Chahbandar", en plein centre-ville, a annoncé la télévision d'Etat.

La chaîne a diffusé des images de restes humains, de civils sous le choc criant et pleurant, ainsi que plusieurs carcasses de voiture calcinées. Des hommes tentaient désespérément de dégager un corps d'un taxi, tandis qu'un homme serrait entre ses bras une fillette terrorisée.

"J'étais dans la rue avec ma collègue quand la terre a tremblé sous nos pieds", a témoigné à l'AFP Anana, 32 ans, qui se trouvait non loin de la place Sabee Bahrat. "Les gens ont commencé a crier +explosion! explosion!+ et on a vu une épaisse fumée noire se dégager du lieu de l'attentat comme si c'était un tourbillon".

Il s'agit d'un "attentat suicide commis par un terroriste", a précisé la télévision.

Le dernier attentat suicide à Damas remonte au 21 mars: 49 personnes, dont cheikh Bouti, le mufti de la République, proche du pouvoir, avaient été tuées. Un mois plus tôt, quatre attentats avaient fait au moins 83 morts le 21 février, le bilan le plus lourd depuis le début du conflit.

Le régime avait alors accusé des "terroristes", terme par lequel les autorités syriennes désignent les rebelles aidés dans leur combat contre l'armée par des jihadistes qui ont revendiqué de nombreux attentats suicide, en particulier à Damas.

La chaîne officielle syrienne d'informations en continu, Al-Ikhbariya, a affirmé que des enfants se trouvaient parmi les morts et les blessés, expliquant que l'explosion s'était produite dans une zone résidentielle, près d'une école qui a été endommagée.

Toutes les vitres du bureau de l'AFP, situé sur la place Sabee Bahrat à environ 200 mètres du lieu de l'explosion, ont volé en éclats, ainsi que les coffres des volets roulants. Les employés de l'AFP sont sains et saufs.

Les vitres de la majorité des commerces, ainsi que ceux de la Banque centrale, ont également volé en éclats. Les télévisions officielles ont aussi montré des balcons complètement effondrés.

La journaliste de l'AFP a entendu une puissante explosion suivie de tirs intenses et vu des flammes se dégager de voitures sur la place, près de la Banque centrale. La puissance de l'attentat était telle que le feu a même enveloppé les arbres qui bordent la zone.

Les services de sécurité et l'armée empêchaient les gens de s'approcher du lieu de l'explosion, où des pompiers tentaient d'éteindre le feu.

Dans le même temps, le conflit ne connaissait pas de répit: les violences ont fait au moins 157 morts dimanche, en majorité des civils, selon un bilan de l'Observatoire syrien des droits de l'Homme, qui s'appuie sur un vaste réseau de militants et de sources médicales.

S'attaquant à un autre aspect du conflit, le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a annoncé lundi que les enquêteurs des Nations unies chargés de déterminer, à la demande de Damas, si des armes chimiques sont utilisées dans le pays, étaient "prêts" à être déployés.

Le gouvernement syrien et l'opposition armée s'accusent mutuellement d'avoir employé des armes chimiques dans les régions d'Alep (nord) et de Damas dans le cadre du conflit qui ravage le pays et qui a fait selon l'ONU plus de 70.000 morts, 1,2 million de réfugiés et 4 millions de déplacés.

"L'ONU est maintenant en mesure de se déployer en Syrie", a annoncé M. Ban à La Haye, à l'occasion d'une conférence sur la Convention sur les armes chimiques. "Je peux annoncer aujourd'hui qu'une première équipe est à Chypre et est dans la dernière phase" avant son départ vers la Syrie.

"Nous n'attendons plus que le feu vert du gouvernement syrien pour déterminer si des armes chimiques ont été déployées", a ajouté le patron de l'ONU.

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