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La Corée du Nord va retirer plus de 50 000 employés du site de Kaesong

08/04/2013 06:41 EDT | Actualisé 08/06/2013 05:12 EDT
AP
A South Korean military vehicle passes by gates leading to the North Korean city of Kaesong at the customs, immigration and quarantine office near the border village of Panmunjom, which has separated the two Koreas since the Korean War, in Paju, north of Seoul, South Korea, Monday, April 8, 2013. A top South Korean national security official said Sunday that North Korea may be setting the stage for a missile test or another provocative act with its warning that it soon will be unable to guarantee diplomats' safety in Pyongyang. But he added that the North's clearest objective is to extract concessions from Washington and Seoul. (AP Photo/Lee Jin-man)

Pyongyang a annoncé lundi le prochain retrait des 53 000 Nord-Coréens travaillant sur le site industriel intercoréen de Kaesong, sur fond de tensions toujours très vives sur la péninsule, tandis que Séoul revenait sur ses déclarations quant à l'imminence d'un nouvel essai nucléaire.

"Nous allons retirer tous nos employés de la zone", a déclaré Kim Yang Gon, un haut responsable du parti, dans un communiqué transmis par l'agence officielle nord-coréenne KCNA.

Pyongyang va également "suspendre temporairement les opérations" sur ce site industriel situé à 10 km de la frontière, côté Corée du Nord, et "étudier la question" de la poursuite de son activité, ou de sa fermeture.

"La manière dont la situation évoluera au cours des prochains jours dépendra entièrement de l'attitude des autorités sud-coréennes", a prévenu Kim Yang Gon, qui a visité le complexe lundi matin.

Depuis mercredi dernier, le Nord interdit l'accès de Kaesong au personnel sud-coréen et aux camions de livraison. Pour le moment, 13 des 123 entreprises sud-coréennes présentes sur le site ont interrompu leur production faute de matières premières.

Plus de 300 cadres sud-coréens ont quitté le complexe depuis le milieu de la semaine dernière, mais un demi-millier a décidé de rester, pour veiller au bon fonctionnement des activités.

Précieuse source de devises étrangères dont la Corée du Nord a grand besoin, le complexe de Kaesong est toujours resté ouvert malgré les crises répétées sur la péninsule, à l'exception d'une seule journée, en 2009. Pyongyang en avait bloqué l'accès pour protester contre des manoeuvres militaires conjointes américano-sud-coréennes.

Côté Corée du Sud, Séoul est revenu sur des déclarations alarmistes de la matinée, qui évoquaient l'imminence d'un 4e essai nucléaire au Nord, moins de deux mois après le précédent.

"Il y a des activités" sur le site atomique nord-coréen de Punggye-ri mais "il semble s'agir d'activités de routine", a déclaré le porte-parole du ministère de la Défense, Kim Min-Seok, tandis que selon le ministère de l'Unification, un essai n'apparaît pas "imminent".

Cette mise au point intervient après que le ministre sud-coréen de l'Unification, Ryoo Kihl-Jae, eut fait état plus tôt de "signes" d'une activité inhabituelle autour du site, sans donner d'autres précisions.

Furieuse du nouveau train de sanctions adopté par l'ONU après l'essai nucléaire de février et des manoeuvres militaires conjointes en cours entre les Etats-Unis et la Corée du Sud, Pyongyang a multiplié ces dernières semaines les déclarations belliqueuses.

Par mesure d'apaisement et afin de laisser au Nord la seule responsabilité de l'escalade, Washington avait annoncé samedi le report d'un essai de Minuteman 3, missile balistique intercontinental à capacité nucléaire, qui devait être tiré cette semaine depuis la base aérienne de Vandenberg en Californie.

Un geste salué par le président russe Vladimir Poutine, qui a par ailleurs mis en garde contre les conséquences d'un conflit nucléaire en Corée du Nord. "La catastrophe de Tchernobyl serait un conte pour enfants" à côté d'un tel conflit, a-t-il déclaré.

Pékin, seul allié de poids du régime nord-coréen, a implicitement adressé une sévère mise en garde à la Corée du Nord dont l'économie exsangue vit sous perfusion chinoise.

"Personne ne devrait être autorisé à précipiter dans le chaos une région, et à plus forte raison le monde entier, par égoïsme", a lancé dimanche le président chinois Xi Jinping, sans toutefois nommer ni la Corée du Nord, ni du reste les Etats-Unis.

Pyongyang a par ailleurs transporté en train, en début de semaine dernière, deux missiles Musudan et les a installés sur des véhicules équipés d'un dispositif de tir, selon Séoul.

Le Musudan, montré publiquement pour la première fois à l'occasion d'un défilé militaire en octobre 2010, aurait une portée théorique de 3.000 kilomètres, soit la capacité d'atteindre la Corée du Sud ou le Japon.

L'engin pourrait toucher des cibles à 4 000 km en cas de charge légère, et donc, en principe, frapper Guam, île du Pacifique située à 3 380 km de la Corée du Nord et où se trouvent 6 000 soldats américains.

D'après Kim Jang-Soo, conseiller pour la sécurité nationale de la présidente Park Geun-Hye, Pyongyang pourrait effectuer cet essai autour du 10 avril, date à laquelle le régime communiste a indiqué ne plus pouvoir garantir la sécurité des missions diplomatiques étrangères.

"Il n'y a aucun signe (de préparatifs pour) une guerre à grande échelle pour l'instant mais le Nord doit s'attendre à des représailles en cas de guerre localisée", a prévenu Kim Jang-Soo.

Les deux essais pourraient survenir avant le 15 avril, anniversaire de la naissance du défunt fondateur du régime communiste, Kim Il-Sung.

Selon le New York Times, Washington et Séoul ont établi une stratégie de représailles proportionnées aux actions de Pyongyang, afin de prévenir une escalade vers une guerre ouverte. Ce plan prévoit que la réponse à une attaque nord-coréenne se ferait avec des armes identiques.

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