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La Corée du Nord retire ses travailleurs du complexe industriel de Kaesong

08/04/2013 06:24 EDT | Actualisé 08/06/2013 05:12 EDT

SÉOUL, Corée du Sud - La Corée du Nord a annoncé lundi qu'elle retirera plus de 53 000 travailleurs du complexe industriel de Kaesong, exploité par les deux Corées, réduisant davantage le peu de liens économiques qui l'unissent encore à la Corée du Sud.

Le gouvernement nord-coréen n'a pas spécifié quel sort sera réservé aux 475 gérants sud-coréens du complexe situé juste au nord de la Zone démilitarisée.

Selon un responsable de Kaesong, qui préfère rester anonyme puisqu'il ne devait pas parler aux médias, les travailleurs nord-coréens ont quitté l'établissement à 18 h, comme à l'habitude. Les dirigeants sauront demain matin si les travailleurs reviendront.

Toujours selon le responsable, la Corée du Nord a demandé aux gérants sud-coréens s'ils ont l'intention de partir d'ici mercredi. Il ne sait pas encore s'ils seront forcés de quitter Kaesong.

Pyongyang avait déjà fermé ses frontières aux gestionnaires et aux cargaisons en provenance du Sud la semaine dernière, même si les gérants sud-coréens sur place avaient été autorisés à rester. Une dizaine des 120 entreprises sud-coréennes installées à Kaesong ont suspendu leurs activités, puisqu'elles sont incapables d'obtenir les matières dont elles ont besoin.

Le complexe de Kaesong allie la main d'oeuvre nord-coréenne bon marché et le savoir-faire sud-coréen. La majorité des employés sont des femmes.

Le secrétaire général du Parti indique que la Corée du Nord songe à fermer de façon permanente le complexe.

Selon un expert de la Corée du Nord à l'Université de Corée, au Sud, Yoo Ho-Yeol, le Nord devrait vraisemblablement confier le terrain à l'armée. Par contre, une autre analyse prétend que le complexe rouvrira ses portes vers la fin du mois, à la fin des exercices militaires de la Corée du Sud et des États-Unis.

La Corée du Nord a adopté un ton belliqueux en réaction aux sanctions dont elle fait l'objet depuis le lancement d'une fusée et un essai nucléaire.

Par ailleurs, le président russe, Vladimir Poutine, a lancé un appel au calme sur la péninsule coréenne, et a applaudi la décision des États-Unis de reporter à plus tard un test de missile.

Pour sa part, le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, a demandé à la Corée du Nord de ne pas procéder à un nouvel essai nucléaire, estimant qu'un tel geste «provocateur» ne ferait qu'aviver les tensions. Lundi, un dirigeant sud-coréen a dit croire que le Nord préparait un nouvel essai atomique; il s'est rétracté quelques heures plus tard.

Les États-Unis ont indiqué, lundi, que de futurs essais nucléaires ou d'autres lancements de missiles de la part de la Corée du Nord violeraient la résolution du Conseil de sécurité des Nations unies. Cela augmenterait la pression et l'isolement de la Corée du Nord. Un porte-parole des États-Unis, Patrick Ventrell, a toutefois refusé de dévoiler davantage de renseignements sur le sujet.

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