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Harcèlement d'anciens combattants: la GRC mène sa propre enquête

08/04/2013 04:17 EDT | Actualisé 07/06/2013 05:12 EDT
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La Gendarmerie royale du Canada (GRC) a ouvert sa propre enquête sur les allégations de harcèlement dont aurait été victime un défenseur des droits des anciens combattants récemment éjecté d'un groupe d'experts fédéraux.

L'investigation de la GRC a été initiée à la demande de la Commission canadienne des droits de la personne (CCDP), qui effectue de son côté une révision indépendante des récentes allégations de Harold Leduc.

Ce dernier avait provoqué une véritable tempête politique sur la colline l'an dernier en affirmant que des membres du Tribunal des anciens combattants (TAC) avaient divulgué des informations confidentielles sur son diagnostic de stress post-traumatique.

Il avait soutenu que cette fuite avait été orchestrée pour discréditer les décisions qu'il avait prises au tribunal, dont le mandat est de réviser les demandes d'indemnités d'anciens combattants qui ont été rejetées.

La CCDP avait auparavant ordonné au TAC de verser 4000 $ à M. Leduc, incluant les frais juridiques, pour le harcèlement qu'il avait subi.

Mais Harold Leduc soutient que le harcèlement n'a pas cessé, même si son poste n'a pas été renouvelé l'automne dernier.

« Les représailles dont j'ai été victime avaient pour objectif de me discréditer comme être humain en raison de mes incapacités », a-t-il affirmé dans une entrevue, sans toutefois donner plus de détails sur les auteurs de ces propos présumés.

Il a cependant conservé des traces écrites et des enregistrements audio, qu'il a remis à la GRC et la CCDP.

« Le processus fait l'objet d'un contrôle rigoureux, et s'il n'y avait rien de sérieux, je ne pense pas qu'ils poursuivraient », a signalé M. Leduc, qui a été interrogé par un enquêteur au mois de janvier.

La GRC a refusé de confirmer ou d'infirmer l'ouverture d'une enquête dans l'affaire Leduc.

Une porte-parole du TAC a affirmé qu'elle était au courant du dossier, mais qu'elle ne pouvait commenter celui-ci puisque les enquêtes sont toujours en cours.

Si Harold Leduc refuse d'identifier ses harceleurs présumés, il ne s'est pas privé de pointer du doigt le gouvernement Harper, lequel n'a pas réussi à mettre fin aux âpres conflits qui sévissaient au TAC d'après lui.

Le ministre des Anciens combattants Steven Blaney, qui n'a tenu personne responsable de cette fuite d'informations médicales privées, est notamment à blâmer, selon le plaignant.

« Le ministre a la responsabilité, en vertu de (la loi des anciens combattants sur la révision et l'appel) de gérer le comportement des membres. Il a refusé à plusieurs reprises de le faire malgré mes requêtes », a souligné M. Leduc, qui dit avoir contacté le chef de cabinet du ministre Blaney à ce sujet.

Du côté du ministère, on dit avoir refusé de commenter le dossier à partir du moment où celui-ci a été porté à l'attention de la Commission canadienne des droits de la personne afin de laisser le système suivre son cours.

« Lorsque ce cas nous a été soumis pour la première fois, nous avons sollicité des avis juridiques, et on nous a conseillé de nous en remettre au processus de traitement de la plainte », a indiqué Niklaus Schwenker, porte-parole du ministre Blaney.