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Canada: polémique après la décision de la banque RBC de recruter en Inde

08/04/2013 05:36 EDT | Actualisé 08/06/2013 05:12 EDT

Le chef de l'opposition canadienne, Thomas Mulcair, a dénoncé lundi la décision de la Banque royale du Canada (RBC), première institution financière du pays, de remplacer des employés locaux par des travailleurs temporaires recrutés en Inde, ajoutant sa voix à la polémique.

Une enquête diffusée ce week-end par la télévision publique anglophone CBC a démontré que la RBC -troisième banque nord-américaine en termes d'actifs- avait avisé en février certains employés que leur contrat prendrait fin en mars.

"Les nouveaux employés sont dans nos bureaux et nous sommes déjà en train de les former", a témoigné sur CBC Dave Moreau, un des travailleurs sur le départ, en précisant que les remplaçants étaient "amenés d'Inde". Dans son département, une cinquantaine de personnes sont concernées, a-t-il affirmé sur CBC.

Le chef du NDP (gauche, principal parti d'opposition), Thomas Mulcair a condamné lors d'un point de presse à Montréal "des pratiques mises en place par les conservateurs (au pouvoir à Ottawa) afin de réduire les conditions de travail des Canadiens".

Exhortant la RBC à faire machine arrière et à présenter ses excuses, M. Mulcair a demandé au gouvernement de se pencher sur le programme d'immigration en cause, qui permet de faire venir des travailleurs étrangers pour remédier à des situations de pénurie de main d'oeuvre.

"Plus d'un million et demi de Canadiens cherchent un travail, il n'est pas logique de maintenir ce programme", a-t-il lancé, alors que cette affaire a déclenché une vive polémique, notamment sur les réseaux sociaux.

La banque a réagi dès dimanche, confirmant avoir fait appel à un sous-traitant, la société iGATE, pour "tirer avantage de leurs économies d'échelle", assurant qu'elle s'efforçait de réaffecter les employés canadiens concernés "au sein de l'entreprise dans de nouveaux rôles conformes à leurs compétences".

La ministre canadienne des Ressources humaines, Diane Finley, a pour sa part estimé dimanche que si le reportage de CBC était exact, la situation était "inacceptable". Dans un communiqué, elle a souligné que le programme d'immigration ne devait nullement permettre de telles dérives.

sab/via/are

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