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BAPE sur l'uranium: les Cris pressent Québec de négocier avec eux une entente

08/04/2013 03:37 EDT | Actualisé 08/06/2013 05:12 EDT

QUÉBEC - Brandissant la menace de poursuites judiciaires, lundi, le Grand Conseil des Cris a pressé le gouvernement du Québec de négocier une entente concernant l'évaluation environnementale de l'uranium.

Le grand chef Matthew Coon Come a rappelé dans une entrevue à La Presse Canadienne que le Bureau d'audiences publiques en environnement (BAPE) n'a pas juridiction sur le territoire au nord du 49e parallèle.

M. Coon Come a soutenu que le comité consultatif pour l'environnement de la Baie James est l'instance toute désignée par la convention qui régit le nord québécois.

Les Cris sont disposés à s'entendre avec Québec pour permettre au BAPE de poursuivre ses travaux, qui doivent porter sur la filière uranifère à travers la province.

Mais M. Coon Come a déploré que le gouvernement du Québec n'ait pas encore donné suite aux demandes de négociation des Cris.

«Nous comprenons que Québec ait des raisons d'utiliser une approche différente concernant l'évaluation de l'uranium et le processus de consultation, puisqu'il s'agit d'une procédure panquébécoise, a-t-il dit. Mais nous croyons que le Québec ne peut pas simplement ignorer le cadre légal établi par la CBJNQ.»

Le leader autochtone a affirmé qu'à défaut d'entente, les Cris sont prêts à porter leur cause devant les tribunaux pour faire valoir la Convention de la Baie James et du Nord québécois (CBJNQ).

«Nous souhaitons que Québec protège les droits qui nous sont garantis par traité, qu'une table soit mise en place pour trouver une solution grâce à la négociation, a-t-il. Si le Québec ne veut pas négocier, le Grand Conseil prendra tous les moyens à sa disposition. Je suis prêt à aller jusqu'en cour, mais j'espère que ce ne sera pas le cas.»

À la fin du mois dernier, le ministre de l'Environnement, Yves-François Blanchet, a annoncé qu'il mandatait le BAPE pour un examen complet de la filière de l'uranium.

Les Cris, opposés à l'exploitation de ce métal radioactif, ont accueilli positivement la démarche. Le directeur général du Grand Conseil, Bill Namagoose, avait cependant précisé que des commissaires autochtones doivent être associés à la démarche.

M. Coon Come n'a pas précisé ses demandes mais il a spécifié que les Cris ne se satisferont pas d'un simple statut de participant au processus d'évaluation du BAPE.

«Nous les Cris, nous ne sommes pas qu'un simple groupe d'intervenants, pour notre territoire d'Eeyou Istchee, a-t-il dit. Nous avons des droits spéciaux, nous avons une relations de nation à nation avec le Québec. Ce statut s'incarne dans la CBJNQ et doit se traduire dans le processus d'examen de l'uranium.»

Selon le grand chef, une entente pourrait se conclure en un mois. M. Coon Come a affirmé que M. Blanchet s'est déjà engagé à le rencontrer prochainement.

Le cabinet du ministre a indiqué qu'une «attention particulière» est portée à la «participation des Cris au processus de consultation et d’évaluation environnementale».

«Il ne s’agit pas de négociation mais d’échanges d’informations sur la suite de la démarche», a écrit l'attachée de presse Catherine Salvail dans un courriel.

Le directeur général du groupe écologiste Nature Québec, Christian Simard, a estimé que plusieurs formules sont possibles, dont un BAPE conjoint avec les Cris.

«Le BAPE va pouvoir agir, a-t-il dit. Est-ce qu'il va pouvoir agir en territoire cri ou non, ça dépendra si une entente est conclue entre les Cris et le gouvernement, a-t-il dit. Il est clair que les Cris étant opposés à l'uranium, ils ne veulent pas avoir à se soumettre à ce processus à moins d'une entente formelle.»

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