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Pakistan: l'ex-homme fort Pervez Musharraf pourra se présenter aux élections

07/04/2013 09:09 EDT | Actualisé 07/06/2013 05:12 EDT

ISLAMABAD - L'ancien dirigeant militaire pakistanais Pervez Musharraf a reçu dimanche la permission de se présenter aux élections parlementaires du mois prochain, une victoire pour lui dans ce qui a autrement été un retour mouvementé au pays après plus de quatre années d'un exil volontaire.

Musharraf, qui a pris le pouvoir en 1999 lors d'un coup d'État mais qui a été forcé de démissionner près d'une décennie plus tard, a été accueilli le mois dernier par seulement quelques milliers de personnes à l'aéroport de la ville de Karachi (sud), où a atterri son avion en provenance de Dubaï. Cet accueil sans grand éclat était un signe, affirment plusieurs analystes, du peu d'appui dont dispose Musharraf dans son pays natal.

Quelques jours après son arrivée, un avocat en colère a lancé un soulier en direction de l'ex-président à l'intérieur d'un tribunal de Karachi, alors que l'ex-militaire s'y rendait pour contester plusieurs actions judiciaires intentées contre lui, y compris certaines liées à l'assassinat, en 2007, de l'ancienne présidente Benazir Bhutto. L'ex-général a évité l'assignation à résidence parce qu'il a négocié une libération sous caution avant son arrivée, ce qui est permis dans le cadre du système judiciaire pakistanais.

Lundi, la Cour suprême doit examiner une pétition alléguant que Musharraf a trahi alors qu'il était en poste en limogeant le juge en chef et en suspendant la constitution. Il est également sous le coup de menaces de mort de la part des talibans pakistanais, qui détestent l'ancien chef d'État en raison de l'alliance conclue sous sa gouverne avec les États-Unis pour combattre les militants islamistes.

À travers ces turbulences politiques, Musharraf a sans doute poussé un soupir de soulagement lorsque des responsables électoraux l'ont autorisé dimanche à tenter sa chance au Parlement dans un lointain district du nord du pays. Un conseiller de l'ancien homme fort de l'armée, Rashid Qureshi, a déclaré que des responsables de Chitral, près de la frontière afghane, avaient accepté les documents de mise en candidature de Musharraf.

L'ex-général est populaire dans la région parce qu'il y a fait verser de l'argent pour favoriser le développement alors qu'il était au pouvoir, et a supervisé la fin des travaux d'un important tunnel qui relie la région montagneuse et reculée au reste du pays.

La nomination de Musharraf a été rejetée dans deux autres régions du pays et n'a pas encore fait l'objet d'une décision dans la capitale, Islamabad. Le système politique pakistanais permet aux candidats de se présenter pour plus d'un siège à la fois.

Des responsables de la Commission électorale pakistanaise n'étaient pas disponibles pour expliquer pourquoi Musharraf pouvait se présenter dans une circonscription après avoir été rejeté dans d'autres. Les critères qui sont utilisés pour déterminer si quelqu'un peut se porter candidat sont censés être uniformes à travers le pays.

Le juge Syed Ikramullah a rejeté la candidature de Musharraf dans une région de Karachi après que l'ancien leader ne se soit pas présenté en cour pour répondre à des objections soulevées par ses opposants. Son avocat, Shafiq Ahmad, s'est présenté et a déclaré que son client irait en appel du rejet de sa candidature.

Sa nomination a également été rejetée dans le district de Kasur, dans la province du Punjab (centre).

Des détracteurs ont déposé des objections contre Musharraf, alléguant qu'il avait violé la constitution en renversant un gouvernement élu en 1999, et pour avoir commis d'autres crimes.

Les élections du 11 mai sont historiques, puisqu'elles marqueront la première transition entre deux gouvernements démocratiquement élus au cours des 65 ans d'histoire du Pakistan, un pays qui a subi trois coups d'État militaires et une instabilité politique constante.

L'impact du parti de Musharraf, la Ligue musulmane de l'ensemble du Pakistan, devrait être minime lors des élections en raison de l'absence présumée d'appui pour l'ancien dirigeant du pays.

Musharraf a démissionné en 2008 à la suite d'une menace de destitution par les principaux partis politiques du pays. Il a quitté le pays peu de temps après et est rentré le 24 mars.

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