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Négociations entre la Serbie et le Kosovo: Belgrade risque de rejeter l'entente

07/04/2013 10:12 EDT | Actualisé 07/06/2013 05:12 EDT

Le gouvernement serbe compte rejeter un plan soutenu par l'Union européenne (UE) pour la réconciliation avec les Albanais du Kosovo qui paverait la voie à une éventuelle intégration de la Serbie à l'UE, mais réclamera plus de négociations.

C'est ce qu'ont indiqué d'importants leaders serbes dimanche.

Les discussions entre les leaders serbes et leurs homologues kosovars d'origine albanaise se sont enlisées la semaine dernière à Bruxelles, et les Serbes ont depuis débattu de la possibilité d'accepter ou de rejeter l'entente, que le président nationaliste serbe Tomislav Nikolic a décrit comme «un ultimatum».

Selon lui, les négociations ont «frappé un mur». M. Nikolic a ajouté que les discussions s'étaient transformées en négociations sur l'indépendance du Kosovo.

Aleksandar Vucic, vice-premier ministre et le politicien le plus puissant de la Serbie puisqu'il se trouve à la tête du parti au pouvoir, en plus de détenir le portefeuille de la Défense, a été encore plus spécifique, déclarant dimanche soir à la télévision qu'il n'approuverait pas l'entente sans des négociations supplémentaires.

Alors qu'environ 90 pays, dont les États-Unis et la plupart des membres de l'UE, ont reconnu l'indépendance du Kosovo, la Serbie a refusé de le faire. La question la plus délicate est le statut du nord du Kosovo, où les habitants d'origine serbe sont majoritaires et refusent d'accepter l'autorité du gouvernement contrôlé par les citoyens d'origine albanaise à Pristina.

Selon des responsables serbes, la pierre d'achoppement des discussions est leur demande que les gens d'origine serbe, qui représente environ 10 pour cent des deux millions d'habitants du pays, possèdent leur propre police et système judiciaire. Les responsables kosovars ont rejeté cette demande en affirmant que cela équivaudrait à diviser le Kosovo en deux entités séparées.

Le président Nikolic a suggéré que l'UE ne participe pas aux futures négociations, laissant plutôt entendre que les Nations unies devraient être impliquées.

Si la Serbie rejette la proposition, cela portera un dur coup à son dossier de candidature pour adhérer à l'UE, en plus de provoquer d'autres tensions dans les Balkans.

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