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Tunisie: l'UGTT accuse le pouvoir de couvrir une milice pro-islamiste

06/04/2013 09:39 EDT | Actualisé 06/06/2013 05:12 EDT

Le puissant syndicat tunisien UGTT a accusé samedi le gouvernement dirigé par les islamistes d'Ennahda de protéger une milice responsable de violences en refusant de les poursuivre pour une attaque en décembre contre la centrale syndicale.

"Il y a une absence de volonté politique de reconnaître que l'UGTT a été l'objet d'agressions de la Ligue de protection de la révolution (LPR...). Nous lançons un cri d'alarme pour sauver la Tunisie de ces milices, de ces bandes", a déclaré le secrétaire général du syndicat, Houcine Abassi.

L'Union générale tunisienne du travail, qui entretient des relations très tendues avec Ennahda, a lancé ces accusations après l'échec d'une commission d'enquête mixte à établir un rapport sur des violences ayant opposé des militants de la LPR et des syndicalistes en décembre.

Selon le syndicat, un rapport de police, des vidéos et témoignages recueillis lors de ces événements "prémédités" ainsi que de précédentes attaques dans d'autres villes prouvent que la Ligue cherche à "faire pression par la violence sur l'UGTT pour qu'elle accepte les choix du gouvernement".

Les représentants des autorités dans la commission d'enquête n'ont cependant pas souscris à ces conclusions.

L'UGTT, qui revendique des centaines de milliers d'adhérents, et le parti Ennahda, principale force politique du pays, s'accusent régulièrement l'un l'autre de provocations et de violences.

Signe de la puissance du syndicat, la grève générale à laquelle il avait appelé après l'assassinat le 6 février de l'opposant anti-islamiste Chokri Belaïd avait paralysé la Tunisie.

Dernier conflit en date, l'UGTT a accusé cette semaine le pouvoir de chercher à limiter le droit de grève dans la Constitution en cours d'élaboration.

Des partisans d'Ennahda estiment pour leur part que l'UGTT est responsable d'une partie des tensions dans le pays en multipliant les grèves qui paralysent régulièrement des pans entiers de l'économie. Ces conflits sociaux, parfois accompagnés de violences, ont nourri la frilosité des investisseurs.

L'équipementier aéronautique français Latécoère a ainsi annoncé fin mars une réduction de sa production et de ses effectifs en Tunisie en raison des troubles.

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