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Le Premier ministre désigné du Liban pour "la liberté du peuple syrien"

06/04/2013 02:47 EDT | Actualisé 06/06/2013 05:12 EDT

Le Premier ministre désigné du Liban, Tammam Salam, a affirmé samedi dans une interview à l'AFP qu'il était en faveur de "la liberté du peuple syrien", tout en se disant attaché à une attitude neutre à l'égard du conflit en Syrie voisine.

"Ma position est que je suis aux côtés du peuple syrien, je soutiens la liberté et la souveraineté de ce peuple", a-t-il affirmé quelques heures après avoir été chargé par le président Michel Sleimane de former le futur gouvernement.

M. Salam, qui appartient à l'une des grandes familles politiques du Liban, a reçu l'AFP dans la maison ancestrale des Salam, à Moussaytbeh, dans l'ouest de Beyrouth. L'entrevenue a été coupée maintes fois par des personnalités venues féliciter l'homme de 67 ans au pas alerte et à la poignée de main franche.

Il s'est dit en faveur de la "politique de dissociation" prônée par son prédécesseur Najib Mikati concernant la guerre en Syrie, tout en soulignant que cette stratégie ne serait effective que si toutes les parties y adhéraient.

"Nous oeuvrerons en vue de cette politique pour éloigner le Liban de toutes les répercussions négatives", a-t-il dit.

Le Liban est profondément divisé entre l'opposition dont est issu M. Salam et le camp du mouvement chiite armé Hezbollah, un allié du régime en Syrie, ex-puissance de tutelle au pays du Cèdre.

L'opposition libanaise affiche son soutien à la rébellion syrienne et le Hezbollah, qui avec ses alliés dominait le cabinet sortant, est accusé d'envoyer des combattants aux côtés des troupes du régime Assad qu'il soutient ouvertement.

"Il n'y a aucun doute que la politique de dissociation est une bonne chose pour le Liban, à condition qu'elle soit appliquée à la lettre", a dit M. Salam. "Les différentes parties doivent s'y engager et ne pas prendre de positions gênantes".

Concernant l'arsenal du Hezbollah, l'une des principales pommes de discorde entre les deux camps rivaux, M. Salam, connu pour ses positions modérées au sein de l'opposition hostile au parti chiite, s'est voulu diplomate.

"Je suis avec la résistance (Hezbollah, ndlr) quand elle est dans la bonne direction (contre Israël, ndlr) et quand il s'agit de défendre le Liban", a-t-il affirmé.

Mais, a-t-il ajouté, "quand cet arsenal est dirigé vers l'intérieur libanais de manière à influer les équilibres (politiques), cela s'éloigne de la résistance".

M. Salam s'est refusé à dire si son gouvernement serait un cabinet d'union nationale regroupant l'opposition et le camp du Hezbollah.

La priorité du futur gouvernement, dont la formation sera une tâche ardue, est selon lui l'organisation des législatives, prévues en juin mais menacées de report faute d'accord sur une nouvelle loi électorale.

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