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Le Liban se dote samedi d'un nouveau Premier ministre de consensus

06/04/2013 06:43 EDT | Actualisé 06/06/2013 05:12 EDT

Tammam Salam, une personnalité politique de consensus appelée à rapprocher l'opposition, soutenue par l'Occident et l'Arabie saoudite, et le camp du Hezbollah, allié de Téhéran et de Damas, doit être nommé samedi nouveau Premier ministre du Liban.

La nomination de ce membre modéré de l'opposition survient deux semaines après la démission du gouvernement de Najib Mikati, au sein duquel le camp du Hezbollah était très influent, qui a suscité des craintes d'une déstabilisation du Liban, déjà fragilisé par la guerre en Syrie voisine.

Député de Beyrouth âgé de 67 ans, Tammam Salam a d'ores et déjà reçu le soutien de la majorité des groupes parlementaires, dont celui de l'opposition, du puissant mouvement chiite Hezbollah et de ses alliés ainsi que de Walid Joumblatt, leader druze dont la position "centriste" fait de lui un "faiseur de rois".

La télévision libanaise a montré des images de partisans de M. Salam rassemblés devant son domicile à Beyrouth pour saluer le soutien qu'il a recueilli de l'ensemble de la classe politique.

La nomination de M. Salam devait intervenir samedi vers 14H00 (11H00 GMT).

Le Parlement libanais, formé de 128 députés, comprend 61 députés de la coalition du Hezbollah et ses alliés, 60 de l'opposition et sept du groupe de M. Joumblatt.

En vertu du système politique libanais basé sur un partage du pouvoir à base confessionnelle, le poste de président de la République est attribué à un chrétien maronite, celui de Premier ministre à un musulman sunnite et celui du chef du Parlement à un musulman chiite.

La nomination de M. Salam peut être l'occasion de jeter des ponts entre le camp du Hezbollah, allié indéfectible de Damas, et l'opposition dirigée par Saad Hariri, farouchement hostile au régime de Bachar al-Assad et à l'arsenal du parti chiite.

Le 22 mars, M. Mikati avait démissionné après des divergences avec le Hezbollah liées au conflit en Syrie qui divise profondément le Liban entre partisans et adversaires du régime de Damas, ancienne puissance de tutelle pendant 30 ans.

M. Mikati prônait une politique de neutralité envers la crise, alors que le Hezbollah défendait ouvertement le régime de Bachar al-Assad.

Après sa démission, les autorités saoudiennes ont rencontré des figures de la scène politique libanaise, notamment Walid Joumblatt.

Dans un éditorial, le quotidien libanais Al-Akhbar proche de Damas a accusé Ryad de mener un "contre-coup d'Etat" visant le Hezbollah et la Syrie, en poussant pour la nomination de Tammam Salam.

"Ryad envisage de retourner au Liban par le biais d'un contre-coup d'Etat", estime Al-Akhbar, faisant référence à un "coup d'Etat" du Hezbollah en 2011 contre le gouvernement de l'ancien Premier ministre Saad Hariri, à la tête de l'opposition parlementaire actuelle.

En 2011, le Hezbollah et ses alliés avaient fait tomber le gouvernement de Saad Hariri en retirant leurs ministres du gouvernement d'union nationale.

Le journal pro-opposition An-Nahar a lui aussi qualifié le rôle de l'Arabie saoudite de "coup d'Etat".

Au sein de l'opposition, Tammam Salam est considéré comme une voix modérée en comparaison avec les "faucons" farouchement hostiles au Hezbollah et à son arsenal.

Mais il devra mener d'intenses tractations pour former son gouvernement, certaines parties se prononçant pour un gouvernement d'union nationale.

Le gouvernement devra gérer les prochaines législatives, prévues en juin mais menacées de report faute d'accord sur une nouvelle loi électorale.

Tammam Salam, qui appartient à l'une des grandes familles politiques du Liban, est le fils de Saëb Salam qui a été six fois Premier ministre entre 1952 et 1973.

Il a été ministre de la Culture entre 2008 et 2009. Il a fait des études d'économie et de gestion en Angleterre et est marié et père de trois enfants.

bur/feb/vl

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