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05/04/2013 04:51 EDT | Actualisé 04/06/2013 05:12 EDT

Réunion dimanche à Doha des donateurs pour la reconstruction du Darfour

Des experts de l'ONU ont appelé à entamer la reconstruction du Darfour, une région de l'ouest du Soudan dévastée par les violences, dans le cadre d'un projet de développement de plusieurs milliards de dollars au centre d'une conférence des donateurs dimanche et lundi à Doha.

Quelque 400 représentants d'organisations caritatives et de gouvernements sont attendus à cette conférence dans la capitale du Qatar.

Mais la persistance des troubles au Darfour pourrait entraver cette initiative d'autant que les bailleurs de fonds s'inquiètent des restrictions gouvernementales à l'accès à la région.

"Je n'ai pas grand espoir pour cette conférence tant qu'il n'y a pas de sécurité sur le terrain", a déclaré un militant de la société civile. "On ne peut changer la situation au Darfour avec des rêves".

La conférence s'inscrit dans le cadre d'un accord de paix conclu par Khartoum en juillet 2011 à Doha avec plusieurs factions rebelles.

Les principaux groupes rebelles ont cependant rejeté cet accord, dont la mise en oeuvre n'a fait que des progrès limités, regrettait en janvier le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon.

Ce retard rend plus difficile la reconstruction du Darfour, lit-on dans le projet de stratégie de développement, un document de 155 pages, et dont la réalisation nécessite la mobilisation de 7,2 milliards de dollars sur six ans.

Pour Pontus Ohrstedt du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), l'aide ne peut, à elle seule, venir à bout des causes profondes du conflit au Darfour.

"Nous avons vraiment besoin (...) d'aider les gens à reconstruire leurs vies et à devenir autonomes", a déclaré M. Ohrstedt, qui a participé à l'élaboration de la stratégie avec des responsables soudanais et d'autres organismes.

Cette stratégie veut jeter les bases d'un développement durable à travers l'amélioration des infrastructures (installations d'eau, réseau routier...). Elle nécessite le développement de l'agriculture, l'accès au financement, et d'autres mesures pour aider les habitants à réorganiser l'administration locale.

La conférence de Doha se tient dix ans après le déclenchement en 2003 de cette rébellion lancée en réaction, selon les insurgés, à la domination des Arabes du pays sur le pouvoir et les richesses.

En réponse, la milice des Janjawids, soutenue par le gouvernement, a perpétré des atrocités sur les ethnies africaines, provoquant l'indignation de la communauté internationale.

La Cour pénale internationale (CPI) a émis un mandat d'arrêt contre le président soudanais Omar el-Béchir, recherché pour crimes de guerre, crimes contre l'humanité et génocide.

Si le gros des violences est passé, les affrontements entre rebelles et gouvernement se poursuivent. Témoins et victimes accusent des paramilitaires de "harcèlement et d'intimidation dans des camps" accueillant 1,4 million de déplacés du Darfour, indiquait en février un comité de l'ONU.

"La principale préoccupation est la sécurité", a déclaré un diplomate, qui reste prudent quant aux nouvelles mesures gouvernementales visant à réduire les obstacles aux humanitaires rendant visite à leurs projets.

Malgré la persistance des troubles, "une grande partie" du Darfour est relativement stable et se prête à la reconstruction, estime M. Ohrstedt, disant attendre de la conférence de Doha un soutien politique à la stratégie.

"C'est un climat difficile pour mobiliser des ressources", admet-il, espérant obtenir des donateurs au moins 177 millions de dollars pour financer des travaux d'urgence comme la réparation de ponts endommagés.

it/tm/vl

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