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Guantanamo: l'ONU demande la fermeture alors que la grève de la faim se poursuit

05/04/2013 04:00 EDT | Actualisé 05/06/2013 05:12 EDT

GENÈVE - Alors que le mouvement de grève de la faim continue à prendre de l'ampleur à Guantanamo, une haute responsable des Nations unies exhorte le gouvernement américain à mettre la clé sous la porte de la prison, critiquant vertement la détention indéfinie de ses détenus.

La haute-commissaire des Nations unies aux droits de l'homme, Navi Pillay, a affirmé qu'elle était «profondément déçue» que Washington n'ait pas fermé le centre de détention. Elle a exhorté tous les paliers du gouvernement à travailler de concert pour y parvenir.

Mme Pillay, qui milite depuis longtemps en faveur de la fermeture de la prison située sur l'île de Cuba, a déclaré vendredi par voie de communiqué que «l'incarcération indéfinie de plusieurs détenus équivaut à une détention arbitraire, ce qui est clairement contraire au droit international».

Le président Barack Obama s'était engagé à fermer le centre de détention peu après sa prise de pouvoir, mais le Congrès américain s'y est opposé, adoptant une loi empêchant le gouvernement de transférer les prisonniers en sol américain et exigeant des garanties de sécurité avant de les extrader dans tout autre pays.

La haute-commissaire a commenté la grève de la faim qui a été entamée par bon nombre de détenus, suggérant qu'«en raison de l'incertitude et de l'anxiété entourant leur détention prolongée et indéfinie à Guantanamo, il n'est pas étonnant que les frustrations éprouvées par les prisonniers n'éclatent et qu'ils optent pour des mesures aussi désespérées».

Du côté de la base militaire, on a noté vendredi une légère augmentation des grévistes de la faim. Selon le porte-parole de l'établissement pénitentiaire, le capitaine Robert Durand, ils sont maintenant 41 à refuser de s'alimenter.

Le capitaine Durand a précisé que les deux individus qui avaient été hospitalisés pour déshydratation ont obtenu leur congé. Onze d'entre eux sont nourris de force pour éviter qu'ils ne mettent leur vie en péril, a-t-il ajouté.

Les États-Unis détiennent 166 prisonniers sur la base de Guantanamo. Selon les avocats des détenus, la plupart d'entre eux font partie du mouvement de grève de la faim.

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