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Montréal octroiera des contrats d'asphaltage à des entreprises controversées

05/04/2013 02:31 EDT | Actualisé 04/06/2013 05:12 EDT
Radio-Canada.ca

Montréal octroiera des contrats d'asphaltage à des entreprises sur lesquelles planent des allégations de malversations, même si 60 % des répondants à un sondage en ligne commandé par le maire Michael Applebaum y sont opposés. 

Vendredi, les élus ont voté à l'unanimité de confier des contrats à des entreprises dont la probité a été remise en question, notamment lors des audiences de la commission Charbonneau. L'autre option aurait été de reporter les travaux et laisser proliférer les nids-de-poule dès le 15 avril.

L'Autorité des marchés financiers (AMF) devra dorénavant réviser le dossier de chacune des entreprises. « Si l'AMF regarde le dossier et décide qu'une compagne n'a pas le droit de faire le contrat, on va passer à la prochaine soumission jusqu'à ce qu'on trouve une compagnie qui aura l'autorisation de l'AMF », a expliqué le maire Applebaum, lors d'un point de presse à la sortie du conseil de ville.

Selon les résultats du sondage de la Ville rendus publics vendredi, 60 % des répondants se sont prononcés contre l'octroi de contrats d'asphaltage à des entreprises dont les noms ont été cités lors des audiences de la commission Charbonneau. Plus de 5200 résidents de la métropole y ont répondu. Selon une source proche du dossier, 8000 personnes en tout ont participé au sondage, mais elles ne possédaient pas toutes des codes postaux montréalais. Leurs réponses n'ont donc pas été prises en compte.

Les élus trouvent l'octroi des contrats immoral, désolant et répugnant

Malgré l'opposition populaire, M. Applebaum estime qu'il faut être réaliste et assurer la sécurité des automobilistes montréalais. Si elle n'agit pas, la Ville ne sera plus en mesure de boucher les nids-de-poule d'ici la mi-avril. « Si on consulte, on est questionné, et si on ne consulte pas, on est aussi questionné. Je pense qu'on a fait un sondage, ce n'est pas parfait le sondage, mais ça montre vraiment le dilemme que l'on a eu au conseil », dit le maire.

Le président du comité exécutif, Laurent Blanchard, a déclaré que les élus montréalais trouvaient que l'octroi de contrats à ces entreprises était « révoltant », « désolant » et « répugnant ».

La chef de Vision Montréal, Louise Harel, est apparue tout aussi résignée, en conférence de presse. « On ne se sent pas bien, c'est sûr et certain, on n'est pas joyeux, mais en même temps il faut être responsable », a-t-elle conclu. Plus tôt cette semaine, Vision Montréal a proposé de créer une usine municipale de production d'asphalte.

Le lancement d'un appel d'offres pour pourvoir la Ville en asphalte, en janvier dernier, est à l'origine de ce dilemme. Le contrat de 5 millions de dollars a été réparti entre sept entreprises, selon leur situation géographique. Certaines d'entre elles ont vu leur réputation entachée par des reportages et des allégations, mettant l'administration montréalaise dans une situation difficile.

Avec les informations d'Yvan Côté et Marc Verreault

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