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04/04/2013 12:23 EDT | Actualisé 04/06/2013 05:12 EDT

Morsi au Soudan pour une visite qualifiée d'"historique" par Khartoum

Le président égyptien Mohamed Morsi a entamé jeudi sa première visite officielle au Soudan en soulignant sa volonté de renforcer les liens économiques avec ce pays voisin.

A sa descente d'avion, le président Morsi, issu des Frères musulmans, a été accueilli par son homologue soudanais, Omar El Béchir, islamiste lui aussi.

"Nous attendons avec impatience l'intégration dans des secteurs tels que les infrastructures et les routes reliant nos deux pays", a déclaré le président Morsi lors d'une rencontre entre les deux délégations, parlant de deux routes bientôt ouvertes.

Il a également évoqué la coopération en matière d'éducation et d'agriculture, afin de progresser vers une "sécurité alimentaire" mutuelle.

Auparavant, lors d'une rencontre avec des hommes d'affaires des deux pays, M. Morsi a invité ses compatriotes à investir davantage au Soudan.

De son côté, le président soudanais a affirmé que les deux pays avaient comme objectif l'"intégration des ressources soudanaises et de l'expérience égyptienne", avec notamment un développement des investissements conjoints.

"C'est une visite historique en raison des relations stratégiques profondes entre les peuples des deux pays", a indiqué à l'AFP Emad Sayed Ahmed, porte-parole du président soudanais.

Cette visite, qui doit durer deux jours, revêt "une importance particulière" car elle vise à "insister sur la relation stratégique forte et spécifique entre l'Egypte et le Soudan", a souligné dans un communiqué le cabinet du chef de l'Etat égyptien.

Le Caire souhaite établir "un réel partenariat économique avec le Soudan, afin d'atteindre les ambitions et les objectifs de croissance et de prospérité pour les deux peuples", selon ce communiqué.

Le Soudan est un important partenaire pour l'Egypte en raison de son potentiel agricole et au plan des ressources hydrauliques, en particulier concernant le partage des eaux du Nil.

Mais pour l'universitaire soudanais Safouat Fanous, le voyage du président Morsi "intervient trop tard", après des visites du président égyptien depuis son élection en juin 2012 dans plusieurs pays, dont l'Inde et le Pakistan.

"Le Soudan est très important pour l'Egypte, il l'a été et il le sera dans le futur pour de nombreuses raisons", y compris des facteurs historiques et les liens étroits entre les deux peuples", a estimé le politologue.

"La visite aurait peut-être dû intervenir plus tôt", a déclaré à l'AFP une source diplomatique. "Les relations ne sont pas harmonieuses à 100%", a-t-elle ajouté.

Pour M. Fanous, ce voyage du président Morsi a été retardé parce que les Frères musulmans, auxquels il appartient, ont "délibérément voulu garder leur distance" à l'égard du régime du président Béchir, isolé sur la scène internationale.

Le président Béchir fait l'objet de mandats d'arrêt émis par la Cour pénale internationale (CPI) pour crimes de guerre, crimes contre l'humanité et génocide" au Darfour, région de l'ouest soudanais en proie aux violences depuis 10 ans.

Le Soudan est soumis à des sanctions commerciales américaines depuis 1997, Washington accusant Khartoum de soutenir le terrorisme, de chercher à déstabiliser les Etats voisins et violer les droits de l'Homme.

Les deux dirigeants avaient déjà eu des entretiens au Caire en septembre à l'occasion de la première visite en Egypte du président soudanais après l'élection de M. Morsi, plus d'un an après la chute du régime de Hosni Moubarak renversé par un soulèvement populaire en 2011.

Il y a deux ans, l'ancien Premier ministre égyptien Essam Charaf avait déclaré que l'Egypte était le troisième investisseur au Soudan, pour un montant de 5,4 milliards de dollars.

Par ailleurs, un contentieux demeure irrésolu entre les deux pays: le triangle de Halaïb, frontalier sur la mer Rouge, est administré par l'Egypte, mais revendiqué également par le Soudan.

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