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Théâtre de fusillades, le Connecticut et le Colorado agissent contre les armes

03/04/2013 07:19 EDT | Actualisé 03/06/2013 05:12 EDT

Le massacre de Newtown est en voie d'entraîner un changement dans les lois sur les armes à feu au Connecticut, pendant que le président américain Barack Obama peine à convaincre les élus du Congrès d'en faire autant au niveau national.

Le Sénat du Connecticut a adopté par 26 voix contre 10, mercredi, une loi encadrant de manière plus sévère la possession d'armes. La Chambre de l'État devait l'approuver à son tour en soirée. Le gouverneur démocrate Dan Malloy devrait la promulguer dès jeudi.

Les principaux éléments de la nouvelle loi :

  • Vérification obligatoire des antécédents de tous les acheteurs d'armes à feu, que la vente soit privée ou publique
  • Interdiction de plus de 160 armes d'assaut, contre 66 auparavant
  • Interdiction d'acheter ou de revendre des chargeurs de grande capacité, c'est-à-dire de plus de 10 balles; ceux qui en possèdent déjà n'ont pas à s'en départir, mais doivent les enregistrer
  • S'assurer que les armes soient inaccessibles non seulement aux moins de 16 ans, mais aussi aux personnes jugées à risque
  • Les personnes hospitalisées dans un établissement psychiatrique ne pourront posséder une arme pendant cinq ans, contre un an auparavant
  • Création d'un fichier des personnes condamnées pour infraction impliquant des armes

Le 14 décembre dernier, Adam Lanza, 20 ans, a ouvert le feu dans deux classes de l'école Sandy Hook de Newtown, tuant 20 jeunes élèves et six femmes travaillant dans l'établissement.

Le Colorado, un « modèle » pour le contrôle des armes

L'État du Colorado, qui a renforcé ses lois sur le contrôle des armes à feu depuis la tuerie d'Aurora, est un « modèle de ce qui est possible », a plaidé le président américain Barack Obama, mercredi.

De passage à Denver, la capitale du Colorado, M. Obama a déclaré vouloir « continuer à demander aux Américains de se joindre à lui pour appeler le Congrès à adopter des mesures de bon sens afin de réduire la violence due aux armes ».

Le Colorado a changé ses lois de manière à ce que dès juillet, les chargeurs de plus de 15 cartouches soient interdits et que les acheteurs voient leurs antécédents judiciaires vérifiés même lors de ventes de particulier à particulier.

L'État du Colorado a pris cette décision à la suite de la fusillade d'Aurora, qui a fait 12 morts lors d'une représentation de Dark Knight Rises, le dernier film de Batman, dans un cinéma en juillet 2012. C'est aussi au Colorado que s'est déroulée la tuerie de Colombine, en 1999.

Malgré les doléances du président Obama, qui depuis la tuerie de Newtown, tente de faire passer une réforme semblable à celle du Colorado pour l'ensemble du pays, les membres du Congrès américain ne s'entendent toujours pas sur un projet de loi.

En commission au Sénat, l'interdiction des armes d'assaut a été extraite du texte. Elle pourrait encore être réintroduite par amendement, mais même au sein des élus démocrates, certains ont des réserves.

Selon eux, la réforme contreviendrait au second amendement de la Constitution qui garantit le droit de posséder des armes.

Plutôt que de restreindre l'accès aux armes, la National Rifle Association (NRA), le puissant lobby pro-armes, propose de placer des gardes armés dans les écoles pour protéger les enfants.

Et l'opinion publique?

« Washington tend à être en retard sur l'opinion publique », prétend Dan Pfeiffer, conseiller du président Obama.

Selon un sondage du réseau CBS, 57 % des Américains étaient favorables à un contrôle accru des armes à feu tout de suite après la tragédie de Newtown. Ce chiffre aurait toutefois chuté à 47 % plus récemment.

En revanche, un sondage de l'Université Quinnipiac soutient que 88 % des Américains sont favorables à la vérification des antécédents.

Environ 300 millions d'armes à feu sont en circulation aux États-Unis.

Élue menacée de mort

Carolyn Maloney, élue démocrate de la Chambre des représentants, a révélé mercredi avoir reçu des menaces de mort pour avoir déposé une proposition de loi pour un meilleur contrôle des armes à feu.

Les individus auraient téléphoné à trois reprises à son bureau de New York, disant vouloir la « tuer », rapport le New York Daily News.

L'élue de 67 ans affirme que les menaces ont beaucoup ébranlé les stagiaires qui ont répondu aux appels, mais que cet incident ne va pas la convaincre de baisser les bras.

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