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03/04/2013 08:07 EDT | Actualisé 03/06/2013 05:12 EDT

Liberté de la presse: RSF écrit à Hollande avant son déplacement au Maroc

L'organisation Reporters sans Frontières (RSF) a indiqué mercredi avoir adressé un courrier à François Hollande afin d'"attirer son attention sur la situation de la liberté de la presse" au Maroc, où le chef de l'Etat français effectue une visite officielle mercredi et jeudi.

A l'occasion de ce déplacement, RSF "souhaite attirer votre attention sur la situation de la liberté de l'information dans ce pays", est-il indiqué dans ce courrier daté du 31 mars, dont l'AFP a obtenu une copie.

L'ONG souligne ne pas méconnaître "le principe de la souveraineté du Maroc". Mais "dès lors que la République française fait des droits de l'Homme un principe de sa politique étrangère, (...) il nous apparaît important que la situation de la liberté de l'information soit abordé", poursuit-elle.

RSF rappelle avoir salué de récentes mesures annoncées par le Maroc "en matière de réforme du système des médias". "Toutefois, certaines dispositions du projet de loi révélé par la presse marocaine constituent des limites inquiétantes à la liberté de la presse et de l'information", ajoute-t-elle.

L'ONG basée à Paris évoque en particulier la persistance de "lignes rouges" dans le code de la presse à l'étude, à savoir "l'institution monarchique, la religion et l'intégrité territoriale".

"Un mécanisme indépendant et transparent pour l'attribution des cartes de presse et des accréditations pour les journalistes marocains et étrangers (...) doit être mis en place", relève encore RSF.

"Leur octroi ou retrait ne doit pas être laissé à l'arbitraire d'une décision politique", enchaîne l'ONG, qui note avoir "ainsi demandé aux autorités marocaines de revenir sur leur décision de retirer l'accréditation du journaliste de l'Agence France-Presse (AFP), Omar Brouksy".

Le 4 octobre, le gouvernement marocain a décidé de retirer l'accréditation de M. Brouksy, mettant en cause sa couverture ce même jour de législatives partielles. Cette décision a été prise en représailles à un reportage comportant une phrase qui faisait mention de la participation de candidats "proches du palais royal" à Tanger (nord).

La direction de l'AFP a demandé officiellement aux autorités marocaines de bien vouloir revenir sur leur décision.

bur/sw

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