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Kerry retourne au Proche-Orient, mais sans plan de paix dans ses bagages

03/04/2013 03:51 EDT | Actualisé 03/06/2013 05:12 EDT

Le secrétaire d'Etat américain John Kerry va effectuer son troisième déplacement en un mois au Proche-Orient, avec des étapes à Jérusalem et à Ramallah, mais sans plan de paix dans ses bagages et avec pour seul objectif d'écouter une nouvelle fois Israéliens et Palestiniens.

Le département d'Etat a confirmé mercredi ce que des responsables palestiniens, turcs et la presse israélienne avaient en partie dévoilé: M. Kerry est attendu dimanche à Istanbul pour y discuter du conflit en Syrie, avant de se rendre lundi et mardi en Israël et en Cisjordanie pour s'entretenir avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et le président palestinien Mahmoud Abbas.

Mais la porte-parole de la diplomatie américaine, Victoria Nuland, a aussitôt prévenu qu'il ne fallait "pas s'attendre à ce que le secrétaire d'Etat propose un plan" de paix et qu'il souhaitait avant tout "voir ce qu'il est possible" de faire pour relancer des négociations israélo-palestiniennes gelées depuis septembre 2010.

"Le ministre ne prévoit pas de poser un grand projet sur la table", a insisté la diplomate, soulignant que M. Kerry venait une nouvelle fois "écouter" les deux parties au conflit.

Le chef de la diplomatie américaine, qui connaît bien les dirigeants israéliens et palestiniens du temps où il était président de la commission des Affaires étrangères du Sénat, "dira clairement que les (deux) parties doivent vouloir revenir autour de la table" et que "des compromis et des sacrifices" devront être réalisés des deux côtés.

Ces arrêts en Turquie, en Israël et en Cisjordanie ont été ajoutés à un voyage initialement programmé du 9 au 15 avril à Londres pour un sommet du G8 et en Asie du Nord-Est (Séoul, Pékin et Tokyo) pour parler de la Corée du Nord.

Il s'agit donc du troisième déplacement en un mois de M. Kerry au Proche-Orient et au Moyen-Orient. Il était à Ankara, au Caire puis dans des monarchies du Golfe début mars. Il avait déjeuné à Ryad avec le président Abbas.

Quinze jours plus tard, le secrétaire d'Etat avait accompagné le président Barack Obama en Israël, dans les Territoires palestiniens et en Jordanie, avant de voir seul MM. Netanyahu et Abbas à Jérusalem et à Amman le 23 mars.

Lors de cette tournée, M. Kerry avait insisté auprès de MM. Abbas et Netanyahu sur la "nécessité" de faire la paix entre Israéliens et Palestiniens et avait clairement laissé entendre qu'il était "chargé" par le président Obama de ce dossier avec plusieurs voyages à venir dans la région.

Mais sa porte-parole Victoria Nuland a refusé de parler de "navette diplomatique", comme ce fut le cas jusqu'en 2011 avec l'émissaire américain pour le Proche-Orient George Mitchell.

Mme Nuland a rappelé que M. Kerry était "passionné, tout au long de sa carrière, par le rôle actif des Etats-Unis pour la paix au Moyen-Orient" et que Washington avait toujours un émissaire pour la région, le diplomate David Hale.

Selon des sources proches des négociateurs palestiniens il y a quelques jours, les Etats-Unis devraient proposer un plan d'action en vue d'une reprise des négociations de paix entre Israéliens et Palestiniens dans les deux prochains mois.

Lors de sa tournée historique du 20 au 22 mars, le président Obama avait exhorté les deux parties à choisir la paix, sans toutefois tracer de voie pour parvenir à une solution à deux Etats. Mais s'il a critiqué la colonisation israélienne, il a estimé que cette question devrait être réglée lors des pourparlers de paix.

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