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03/04/2013 08:41 EDT | Actualisé 03/06/2013 05:12 EDT

Egypte: un nouveau comique interrogé par la justice

La justice égyptienne a libéré sous caution un comédien comique interrogé mercredi à la suite d'accusations de blasphème lors d'une apparition dans l'émission télévisée d'un célèbre animateur, Bassem Youssef, lui-même sous le coup d'une enquête.

Ali Kandil a indiqué avoir été libéré après dépôt d'une caution de 5.000 livres égyptiennes (environ 570 euros), dans un message posté sur sa page Facebook.

M. Kandil, un comédien de théâtre, est accusé d'avoir insulté l'islam lors de l'émission "El-Bernameg" en février dans laquelle il se moquait du discours et du style de certains dignitaires musulmans.

Après avoir appris qu'il était convoqué par la justice, M. Kandil a rejeté les accusations pesant sur lui, parlant de "pures bêtises", tout en disant qu'il se rendrait au bureau du procureur.

"J'assume la responsabilité de chaque mot que j'ai prononcé", a-t-il ajouté dans une vidéo mise en ligne sur internet.

Il a par ailleurs estimé qu'il était de la responsabilité du peuple de faire respecter les objectifs de la révolte de 2011 qui a renversé Hosni Moubarak, à savoir le pain, la liberté et la justice sociale.

"Le domaine qui me revient, celui que je peux garantir (...) c'est la liberté d'expression", a indiqué M. Kandil.

La multiplication des procédures judiciaires visant des personnalités des médias alimente les critiques contre le pouvoir du président islamiste Mohamed Morsi, accusé de chercher à intimider la presse et remettre en question la liberté d'expression.

La présidence égyptienne a pour sa part assuré mercredi dans un communiqué que M. Morsi était engagé à respecter la liberté d'expression.

La présidence a aussi insisté sur le fait que M. Morsi n'était pas à l'origine des procédures en cours contre Bassem Youssef, accusé d'avoir insulté l'islam et le président Morsi, et de menacer l'ordre public.

Washington a dénoncé lundi les restrictions de plus en plus fortes à la liberté d'expression en Egypte, à la lumière du cas de Bassem Youssef. Le secrétaire d'Etat John Kerry a lui même fait part mardi de son inquiétude face à l'évolution de l'Egypte.

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