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03/04/2013 05:21 EDT | Actualisé 03/06/2013 05:12 EDT

Chimiothérapie: des doses trop faibles constatées en Ontario et au N.-B.

TORONTO - Des questions sont soulevées quant aux effets de plus faibles doses de chimiothérapie sur le traitement de patients atteints du cancer, et s'ils auraient vécu plus longtemps s'ils avaient reçu les doses appropriées.

Cinq hôpitaux — quatre en Ontario et un au Nouveau-Brunswick — prennent contact actuellement avec des patients qui ont reçu des doses trop faibles de chimiothérapie pour leur demander de communiquer avec leur oncologue et discuter de leur plan de soins.

La première ministre ontarienne Kathleen Wynne a déclaré mercredi que son gouvernement tenterait de découvrir de quelle façon ces doses insuffisantes avaient été administrées à plus de 1100 patients atteints du cancer — et ce pendant plus d'un an, dans certains cas.

Selon Mme Wynne, il s'agit d'une situation préoccupante, particulièrement bien sûr pour les patients et leurs proches.

La chef du Nouveau Parti démocratique (NPD) ontarien, Andrea Horwath, a quant à elle demandé si ces doses réduites affecteraient les traitements des patients, ou encore leur espérance de vie.

Le ministère provincial de la Santé et Action cancer Ontario doivent répondre à de nombreuses interrogations, a-t-elle ajouté. Selon elle, cette nouvelle ébranle la confiance des citoyens envers le système de santé et la distribution de médicaments dans la province.

Le fournisseur du médicament, Marchese Hospital Solutions, s'est dit «très préoccupé» par les questions soulevées quant à la qualité de son travail, et a assuré qu'il s'attaquait déjà à ces problèmes.

Sur son site Internet, l'entreprise assure qu'une enquête préliminaire révèle que ses médicaments respectent les normes indiquées dans le contrat.

Un total de 990 patients soignés au Centre des sciences de la santé de London, à l'Hôpital régional de Windsor, à l'hôpital Lakeridge à Oshawa et au Centre de santé régional de Peterborough sont touchés.

Les patients ontariens ont reçu de plus faibles doses des médicaments cyclophosphamide et gemcitabine, tandis que l'Hôpital régional de Saint-Jean, au Nouveau-Brunswick, a fait savoir que 186 patients avaient reçu une version édulcorée de cyclophosphamide.

Au Réseau du cancer du Nouveau-Brunswick, l'oncologue Eshwar Kumar a estimé que ces plus faibles doses ne devraient pas avoir eu d'impacts sur le traitement des patients.

Les médicaments étaient utilisés depuis février 2012 à Windsor, et depuis mars 2012 à London. L'hôpital de Saint-Jean dit avoir acheté les doses depuis mars 2012.

La ministre ontarienne de la Santé, Deb Matthews, a déclaré mardi qu'elle ne voulait pas provoquer une panique, et a pressé les patients touchés de contacter leur oncologue.

Selon Action cancer Ontario, les quatre hôpitaux ontariens ont immédiatement retiré les médicaments reçus du manufacturier lorsque le problème a été découvert à la fin de mars dernier, et informé Marchese de l'erreur. Chaque hôpital a depuis renouvelé ses stocks et Action cancer Ontario stipule que les cycles de traitement des patients ne seront pas interrompus.

Le Collège des pharmaciens de l'Ontario est aussi sur place chez le fournisseur Marchese Hospital Solutions, a indiqué la ministre Matthews.

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