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René Pothier: la lourde tâche de succéder au mythique Richard Garneau (ENTREVUE)

02/04/2013 02:36 EDT | Actualisé 02/04/2013 02:37 EDT
Courtoisie

Le 20 janvier dernier, le journaliste sportif Richard Garneau s’est éteint. Près de deux mois après son décès, René Pothier a eu la lourde tâche de succéder à son confrère en tant que commentateur des Championnats du monde de patinage artistique, comme il le fera aux Jeux olympiques de Sotchi dans un an.

Lorsque Richard Garneau a été hospitalisé au début janvier, les dirigeants de Radio-Canada ont demandé à René Pothier de se préparer pour lui succéder en vue de la compétition de patinage artistique. Quelques jours plus tard, la triste nouvelle est tombée. « J’étais divisé en 1000 en apprenant sa mort. Je n’étais pas extrêmement proche de lui, mais je le côtoyais depuis quelques années. J’avais une admiration sans bornes pour cet homme », explique Pothier.

Quelques semaines avant son décès, Richard Garneau avait d’ailleurs déclaré à son complice Alain Goldberg que René Pothier allait probablement être le prochain avec qui il allait travailler. « Succéder à Richard Garneau est peut-être l’un des plus grands honneurs que l’on m’ait faits. Cependant, je n’ai pas l’impression d’avoir hérité du poste de Richard, mais plutôt de la responsabilité avec laquelle il l’a occupé. Je vais continuer de faire mon travail avec ma sensibilité, ma culture et mon enthousiasme. Je ne tenterai pas de le remplacer. »

Une légende après l’autre

Le vétéran journaliste est habitué de succéder aux légendes. À son arrivée au bureau montréalais de Radio-Canada en septembre 1990, ses patrons lui ont demandé de s’asseoir dans le siège occupé par René Lecavalier, Richard Garneau et Claude Quenneville avant lui, à la Soirée du hockey. Pothier se rappelle encore un conseil que Garneau lui avait donné à l’époque. « Il m’avait suggéré de rester fidèle à ma personnalité. Selon lui, j’apportais une nouvelle façon de faire dans le métier. »

Néanmoins, René Pothier est conscient que les comparaisons sont inévitables. « En m’entendant commenter le patinage artistique, c’est évident que plusieurs téléspectateurs se sont dit "ce n’est pas comme avec Richard Garneau". D’autres doivent avoir pensé que c’était différent, mais intéressant. C’est comme ça chaque fois qu’il y a un changement. »

Mordu de patinage artistique ?

Quand on le questionne au sujet de sa nouvelle affectation, René Pothier admet qu’il n’est pas aussi friand de patinage artistique qu’il peut l’être de hockey, de football, de golf ou de plongeon. « Quand je regardais du patinage à la télé, j’avais l’impression d’assister à un grand sport et j’étais absolument impressionné par son caractère athlétique. Par contre, il y a quelques années, on m’avait demandé de remplacer Richard quand il s’est fait opérer dans un genou, et j’avais refusé. Je ne me sentais pas assez près du sport pour animer ça. »

Avec le temps, la vision de René Pothier a changé. « À un moment donné, j’ai revu mon patron et je lui ai dit que dans une projection à long terme, s’il avait besoin de remplacer Richard ou de lui donner un coup de main, j’accepterais d’animer le patinage artistique. J’avais envie d’un nouveau défi. La direction connaissait mon intérêt avant la tragédie qui nous a frappés. »

Épauler les analystes

Sans être spécialiste du patinage artistique, René Pothier voit son rôle comme celui d’un guide. « Le métier de descripteur demande une connaissance essentielle du sport, mais l’évaluation technique revient aux analystes. Mon rôle est de les guider dans leurs commentaires. J’ai déjà dit à Annie Pelletier qu’elle était analyste non seulement parce qu’elle avait gagné une médaille olympique, mais aussi parce qu’elle connait le plongeon dans ses plus infimes détails. »

René Pothier affirme d’ailleurs qu’il s’est inspiré de son expérience en plongeon pour décrire le patinage artistique. « Quand je regarde plonger Alexandre Despatie, je peux dire s’il s’agit d’un plongeon avant, arrière, retourné ou renversé, mais je n’ai pas le temps de compter le nombre de vrilles et de tout décortiquer. Je laisse Annie agir en tant qu’experte, comme je le fais avec Alain Goldberg. J’ai vite réalisé combien c’est difficile pour un néophyte d’identifier les nuances entre un boucle piqué, un axel, un lutz ou un salchow. Je ne joue pas dans ces talles-là. »

En ce qui concerne le nom des athlètes et les faits saillants de leur carrière, le journaliste tient à rappeler qu’il a beaucoup d’aide. « Les relationnistes font du travail remarquable. Ils nous fournissent des données statistiques sur les performances ou sur la musique des numéros. Les gens nous félicitent souvent d’arriver à retenir les noms des athlètes, mais c’est notre métier. On commet quelques erreurs de prononciation à l’occasion, mais on se prépare beaucoup pour être le plus familier possible avec le sport. »

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