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02/04/2013 02:45 EDT | Actualisé 02/06/2013 05:12 EDT

Pétrole: seules des règles permettront d'atteindre les objectifs, dit le Pembina

OTTAWA - L'industrie pétrolière et gazière devra réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 42 pour cent si le Canada souhaite maintenir le cap sur ses propres cibles d'émissions d'ici 2020, conclut un nouveau rapport du Pembina Institute.

L'organisme écologiste, basé en Alberta, prévient toutefois qu'un tel objectif ne pourra être atteint que si les prochaines réglementations fédérales sont beaucoup plus sévères que celles déjà mises en place par la province.

Ottawa promet de nouvelles règles dans le secteur gazier et pétrolier depuis 2008 déjà, mais le gouvernement conservateur a récemment laissé entendre que ce cadre pourrait finalement être dévoilé cette année.

Les règles devraient s'inscrire dans la même lignée que celles établies précédemment pour les secteurs du transport et de l'électricité. Ces nouvelles règles visent à réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES) au Canada de 17 pour cent par rapport aux niveaux de 2005, et ce d'ici 2020.

Le commissaire à l'environnement, tout comme la Table ronde nationale sur l'environnement et l'économie — dont la dissolution a été annoncée dans le dernier budget fédéral —, avaient prévenu l'an dernier que le Canada n'était pas en mesure d'atteindre ses cibles. Or, un rapport du gouvernement fédéral dévoilé l'été dernier soutient que le pays a déjà accompli la moitié du travail.

L'institut de recherche albertain a indiqué que l'industrie pétrolière et gazière était responsable d'environ 22 pour cent de l'ensemble des émissions, et que le cadre de réglementation n'en serait que plus important pour ce secteur.

La directrice des analyses des politiques fédérales au Pembina Institute, Clare Demerse, estime que le moment est crucial pour la crédibilité du Canada en matière d'environnement. «Le fait d'instaurer des réglementations sévères serait une façon de répondre aux critiques, et contribuerait à accroître le soutien de la population dans les activités du secteur», a-t-elle soutenu.

Il serait préférable, a poursuivi Mme Demerse, que dans ses efforts de réduction des GES, le gouvernement fédéral adopte non pas des règles à la pièce selon les secteurs, mais plutôt une approche globale.

Mais il y a fort à parier que les conservateurs calqueront les réglementations sur le système déjà instauré en Alberta, qui est basé sur l'intensité des GES, a-t-elle ajouté. Et si Ottawa décide d'aller de l'avant avec cette approche, il devra sérieusement renforcer le modèle albertain, soutient le Pembina Institute.

Selon l'institut de recherche, les règles fédérales devraient, entre autres, fixer le montant à verser au fonds technologique à au moins 100 $ par tonne de GES émis d’ici 2020, et non plus seulement 15 $, tel que facturé actuellement par le gouvernement de l'Alberta.

Les mesures proposées dans le rapport du Pembina Institute se traduiraient entre autres par une hausse d'environ 3 $ le baril de pétrole en 2020, mais il ne s'agit pas d'une taxe sur le carbone, a déclaré Mme Demerse, puisque l'industrie serait capable de trouver d'autres moyens de réduire ses émissions de GES. L'imposition d'une taxe sur le carbone serait obligatoire, a-t-elle expliqué.

À Ottawa, on affirme toutefois qu'une taxe sur le carbone, quelle que soit sa forme, est absolument exclue du cadre de réglementation. Le gouvernement conservateur s'engage à réduire les niveaux de GES mais pas à n'importe quel prix, a prévenu mardi le ministre des Ressources naturelles, Joe Oliver.

«L'une des façons efficaces de réduire les émissions de GES — et cela a été fait dans plusieurs pays — est de s'assurer que l'économie s'effondre. Ce n'est pas le chemin que souhaite emprunter notre gouvernement», a lancé M. Oliver.

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