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Ottawa applaudit l'appel de soumissions de TransCanada pour l'oléoduc vers l'Est

02/04/2013 08:25 EDT | Actualisé 02/06/2013 05:12 EDT

OTTAWA - Ottawa se réjouit de l'initiative de la société TransCanada qui va de l'avant avec son projet d'oléoduc pour transporter le pétrole albertain jusqu'aux raffineries du Québec et du Nouveau-Brunswick.

TransCanada (TSX:TRP) a annoncé, mardi, le lancement d'un appel de soumissions pour son projet d'oléoduc permettant de transporter du pétrole brut de l'Ouest canadien vers les marchés de l'Est du Canada.

Le ministre fédéral des Ressources naturelles, Joe Oliver, s'est empressé de réitérer son appui au projet et a invité le gouvernement du Québec à faire de même.

Le projet Oléoduc Énergie Est porte sur une capacité de transport vers des points de livraison dans les régions de Montréal, de Québec et de Saint-Jean au Nouveau-Brunswick.

Il comprend la conversion pour le transport du pétrole brut d'une partie d'environ 3000 kilomètres du réseau principal canadien de TransCanada servant actuellement au transport du gaz naturel de l'Alberta vers l'Ontario, ainsi que la construction d'un nouveau tronçon d'une longueur pouvant s'étendre jusqu'à environ 1400 kilomètres.

Le projet permettrait de fournir jusqu'à 850 000 barils de pétrole brut par jour aux marchés de l'Est du Canada. TransCanada fait valoir que le Canada a importé l'an dernier plus de 600 000 barils par jour afin d'approvisionner ses raffineries de l'Est.

«Notre business c'est de faire des oléoducs, a dit Philippe Cannon, porte-parole de TransCanada. On espère que les raffineurs et les autres acteurs de l'industrie vont être intéressés par un produit canadien, soit dans le but d'une consommation domestique ici dans l'Est du Canada, ou pour d'autres fins.

«Je vous rappelle que les raffineurs de l'Est canadien s'approvisionnent présentement de pétrole qui leur vient du Venezuela ou de l'Algérie, par exemple. On veut voir s'il est possible de transporter du pétrole de l'Ouest canadien pour qu'il s'en vienne ici dans l'Est», a-t-il ajouté.

Le ministre Oliver tient d'ailleurs le même discours.

«Notre gouvernement soutient l'opportunité pour nos raffineries de transformer (...) davantage de pétrole canadien, ce qui engendrera des emplois pour les Canadiens et rendra notre pays moins dépendant du pétrole provenant de l'étranger qui est plus coûteux», a déclaré le ministre lors d'un point de presse à Ottawa.

Il croit qu'il y a un consensus au Nouveau-Brunswick en faveur d'un tel projet et il encourage pareille prise de position au Québec.

«Je sais que le gouvernement du Québec est en train d'étudier la question, a-t-il dit. J'espère que le gouvernement va voir les avantages importants (...) en ce qui concerne la création d'emplois, l'activité économique et les revenus (...) pour soutenir (ses) programmes sociaux.»

Lors d'une rencontre avec son homologue néo-brunswickois David Alward le mois dernier, la première ministre Pauline Marois avait indiqué qu'il fallait «obtenir davantage d’information et d’analyses afin de nous assurer que toutes les questions techniques, environnementales et économiques de ce projet répondent aux intérêts des Québécois».

Mardi, Mélanie Malenfant, attachée de presse du ministre des Finances Nicolas Marceau, a déclaré que le gouvernement du Québec ne commentera pas la nouvelle initiative de TransCanada. Un groupe de travail poursuit ses recherches dans ce dossier et on ignore à quel moment il remettra ses conclusions.

Quant à l'impact de ce projet sur celui déjà controversé de Keystone XL, projet d'oléoduc qui prévoit le transport du pétrole albertain vers les États-Unis, M. Oliver assure que du pétrole albertain, il y en a pour tout le monde.

«Les trois routes, vers le Sud, vers l'Est et vers l'Ouest, ne sont pas contradictoires. On peut toutes les faire sans nuire à la rentabilité d'aucun projet. Il y a suffisamment de brut et suffisamment de demande (...) pour acheter le pétrole», a-t-il assuré.

Washington n'a pas encore donné le feu vert pour le pipeline Keystone XL.

La période de soumission visant à obtenir des engagements fermes de la part de parties intéressées au projet vers l'Est du Canada commencera le 15 avril et se terminera le 17 juin. Le pipeline de TransCanada s'ajouterait à celui d'Enbridge, qui désire inverser le flux de son oléoduc entre Sarnia et Montréal, un projet également à l'étude à Québec.

Le Nouveau Parti démocratique (NPD) de Thomas Mulcair s'était déjà déclaré favorable à un oléoduc de l'Ouest vers l'Est afin de créer des emplois et de réduire la dépendance envers le pétrole du Moyen-Orient. Le député néo-démocrate Peter Julian déplore toutefois que le gouvernement ait «saccagé» le processus d'évaluation environnementale pour de tels projets.

«Ce que ça prend pour avoir la confiance du grand public, c'est un processus d'évaluation environnementale solide, un processus de consultation publique sérieux et un cadre réglementaire dans lequel les Canadiens peuvent avoir confiance», a soutenu le porte-parole néo-démocrate en matière de ressources naturelles.

L'action de TransCanada à la Bourse de Toronto a clôturé en hausse de 36 cents, à 49,65 $.

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