NOUVELLES

L'ONU adopte un traité sans précédent sur le commerce des armes

02/04/2013 11:48 EDT | Actualisé 02/06/2013 05:12 EDT

NEW YORK, États-Unis - L'Assemblée générale des Nations Unies a adopté mardi un traité sans précédent pour encadrer le commerce des armes à travers le monde, une industrie de plusieurs milliards de dollars.

Le traité historique a été adopté à 154 voix contre 3, avec 23 abstentions. Les 193 pays membres ont voté après que l'Iran, la Corée du Nord et la Syrie eurent tenté de bloquer l'adoption de l'accord par consensus lors des négociations jeudi dernier. Ces trois pays ont voté contre la résolution.

Ce vote conclut une campagne amorcée il y a plus de 10 ans par des activistes et quelques gouvernements pour réglementer le commerce d'armes à travers le monde, qui s'élève à près de 60 milliards $, et éviter que des armes illégales ne se retrouvent entre les mains des terroristes, des groupes d'insurgés et des organisations criminelles.

Le traité ne s'appliquera pas à l'utilisation des armes au niveau national, mais il exigera que chaque pays établisse une réglementation pour contrôler les transferts d'armes sur son territoire.

L'entente couvrira aussi les chars d'assaut, les véhicules blindés, l'artillerie lourde, les avions, les hélicoptères et les navires de combat, les lance-missiles et les armes légères.

En décembre, les Nations Unies avaient décidé de tenir une dernière série de négociations pour que ses membres puissent s'entendre sur le traité et fixé la date limite pour le vote au jeudi 4 avril. Après deux semaines de pourparlers intenses, les observateurs étaient optimistes quant aux chances que les 193 pays adoptent l'accord par consensus, une exigence des États-Unis.

Seuls l'Iran, la Corée du Nord et la Syrie se sont opposées au projet. Téhéran a soutenu que ce traité avait de nombreuses lacunes, qu'il était sujet à la politisation et à la discrimination, et qu'il ne tenait pas compte des «demandes légitimes» pour interdire le transfert d'armes aux groupes qui commettent des agressions.

L'Iran et de la Corée du Nord font présentement l'objet d'un embargo de l'ONU pour les armes en raison de leur programme nucléaire tandis que la Syrie est le théâtre depuis deux ans d'un conflit ayant dégénéré en guerre civile qui lui a valu des sanctions de la part des États-Unis et de l'Union européenne.

Amnistie internationale a souligné que ces trois pays avaient un bilan épouvantable en matière de droits humains et qu'ils avaient déjà utilisé leurs armes contre leurs propres citoyens.

PLUS:pc