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Le rôle de la Jordanie gardienne des lieux saints à Jérusalem renforcé

02/04/2013 04:19 EDT | Actualisé 01/06/2013 05:12 EDT

La Jordanie est devenue officiellement gardienne des lieux saints musulmans de Jérusalem, une confirmation d'un rôle historique qui pourrait aussi traduire un nouvel engagement du Royaume hachémite dans le processus de paix israélo-palestinien, selon des analystes.

L'accord signé par le roi Abdallah II et le président palestinien Mahmoud Abbas confirme par écrit un accord tacite de 1924, selon lequel la Jordanie est la gardienne des lieux saints de Jérusalem.

Mais la signature d'un tel accord, quelques jours seulement après la tournée régionale du président américain Barack Obama du 20 au 24 mars, pourrait être un signe, selon certains analystes, annonçant l'ouverture prochaine de négociations de paix, aujourd'hui dans l'impasse.

L'accord "pourrait faire partie des efforts de paix lancés par M. Obama. Il montre aussi que la Jordanie et l'Autorité (palestinienne) ont des solutions originales concernant la question de Jérusalem", a ainsi estimé le directeur du centre d'études politiques Al-Qods, Oraib Rintawi.

"Il renforce le rôle de la Jordanie concernant la question de Jérusalem, en lui donnant les moyens politiques et légaux de s'y attaquer sur la scène internationale", a-t-il ajouté.

L'accord signé dimanche réaffirme en effet "l'objectif commun de défendre" Jérusalem et ses lieux saints contre toute "tentative de judaïsation" d'Israël, en particulier l'esplanade des Mosquées.

"Dans cet accord historique, M. Abbas a (rappelé) que le roi (était) le gardien des lieux saints de Jérusalem, et qu'il avait le droit d'entreprendre toutes les actions légales pour les protéger, en particulier la mosquée d'Al-Aqsa", avait indiqué dimanche le palais jordanien.

Des responsables jordaniens et palestiniens ont cependant réfuté tout lien entre l'accord et les négociations de paix.

"L'accord visant à défendre les lieux saints n'a rien à voir avec la visite d'Obama. Il n'a également rien à avoir avec les négociations", a affirmé lundi à Ramallah le président Mahmoud Abbas.

"La raison principale (de cet accord) est de permettre à la Jordanie de défendre sur la plan judiciaire des lieux saints musulmans, en particulier la mosquée d'Al-Aqsa, directement menacée par Israël", a indiqué de son côté à l'AFP un responsable du palais royal jordanien sous couvert de l'anonymat.

Selon lui, l'accord confirme par écrit la tutelle de la Jordanie sur les lieux saints de Jérusalem, "ce qui est essentiel sur le plan légal et permet de maintenir le statut quo".

Une position partagée par l'ambassadeur palestinien en Jordanie, Atallah Khairy. "La tutelle de la Jordanie à Jérusalem est primordiale, car tout vide juridique dans la ville sainte sera exploité par Israël", a-t-il souligné.

Selon M. Rintawi, l'accord vient compléter les articles du traité de paix israélo-jordanien de 1994 relatifs à la garde des lieux saints, dans lesquels Israël reconnaît qu'elle incombe au Royaume Hachémite.

L'esplanade des Mosquées, troisième lieu saint de l'islam, appelée le "Noble sanctuaire" (Haram al-Charif) par les musulmans, abrite la mosquée du Dôme du rocher et celle d'Al-Aqsa.

Le site, nommé par les juifs le mont du Temple, en référence à l'ancien Temple de Jérusalem détruit par les Romains en l'an 70, est également sacré pour le judaïsme.

Il s'agit donc d'une poudrière au coeur de Jérusalem, prête à exploser à la moindre rumeur ou provocation, comme en témoignent les heurts répétés autour du lieu.

Depuis la Guerre des Six jours de juin 1967, Israël a annexé et occupe Jérusalem-Est, secteur à majorité arabe, une décision que n'a jamais reconnue la communauté internationale.

Les Israéliens proclament que Jérusalem, indivisible, est la "capitale éternelle" de l'Etat d'Israël, tandis que les Palestiniens veulent faire de Jérusalem-Est la capitale de leur futur Etat.

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