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Inquiétude au Yémen après l'expulsion de milliers de travailleurs d'Arabie

02/04/2013 05:11 EDT | Actualisé 01/06/2013 05:12 EDT

L'Arabie saoudite a expulsé des milliers de Yéménites après l'entrée en vigueur d'une nouvelle réglementation concernant les travailleurs étrangers, selon des sources gouvernementales à Sanaa.

"Des milliers de Yéménites ont dû quitter l'Arabie saoudite. Ils ont été victimes d'abus dans l'application de la nouvelle réglementation", a déclaré à l'AFP un responsable gouvernemental, sous couvert d'anonymat.

Dans le cadre d'une nouvelle politique visant à favoriser l'emploi des Saoudiens, les autorités du royaume imposent désormais aux immigrés de ne travailler que pour l'employeur qui les parraine, sous peine d'expulsion.

"Des dizaines de milliers de travailleurs ont été renvoyés dans leur pays ces derniers jours en application de ces dispositions", a déploré la Yéménite Tawakkol Karman, prix Nobel de la Paix.

"La main-d'oeuvre yéménite fait l'objet d'une importante campagne de poursuites et de perquisitions (...) sous le soupçon de violation de ces dispositions", a-t-elle ajouté à l'AFP, estimant que cette politique pourrait "déstabiliser le Yémen".

Sur quelque 2 millions d'expatriés yéménites, un million vivent en Arabie saoudite et assurent des transferts de devises de quelque 4 milliards de dollars par an, selon des estimations non-officielles.

Tawakkol Karman a proposé "l'abandon du système des visas entre les deux pays pour favoriser la libre circulation des personnes, comme c'était le cas avant l'invasion irakienne du Koweït" en 1990.

L'Arabie saoudite avait alors expulsé des centaines de milliers de Yéménites pour sanctionner les autorités de Sanaa, qui s'étaient rangées du côté du régime de Saddam Hussein après son invasion du Koweït.

Sanaa a formé la semaine dernière une commission ministérielle, chargée d'entreprendre "des démarches auprès des autorités saoudiennes pour alléger la nouvelle réglementation", selon le responsable gouvernemental.

Le pays, menacé d'une catastrophe économique aggravée par une insécurité persistante, compte sur les donateurs qui lui ont promis une aide de 7,9 milliards de dollars pour réussir sa transition politique, mise à mal notamment par des appels à la sécession du Sud.

bur-mou/tm/sw

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