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Discrimination dans la construction: la CRT donne raison à un plaignant

02/04/2013 12:07 EDT | Actualisé 02/06/2013 05:12 EDT

MONTRÉAL - La CSN-Construction crie victoire après que la plainte pour discrimination et mesures de représailles d'un de ses membres contre la FTQ-Construction et les Équipements Nordiques ait été retenue par la Commission des relations du travail.

Mais la FTQ-Construction laisse déjà entendre qu'elle contestera cette décision de la CRT.

Un opérateur d'équipement lourd, Harold Richard, syndiqué à la CSN-Construction, se plaignait de subir de la discrimination dans l'embauche de la part de deux représentants de la FTQ-Construction sur la Côte-Nord, soit Bernard Gauthier, mieux connu sous son surnom de Rambo, et l'agent d'affaires Michel Bezeau.

M. Richard contestait également sa mise à pied, en septembre 2009, par l'employeur Équipements Nordiques, affirmant que la cause véritable de son renvoi était la pression exercée par Bernard Gauthier sur l'employeur, parce qu'il n'était plus syndiqué à la FTQ-Construction, mais à la CSN-Construction.

La CRT lui a donné raison. «La Commission conclut que la FTQ-Construction, par l'entremise de ses agents Gauthier et Bezeau, a exercé des pressions sur Nordiques le 9 septembre 2009 pour qu'elle impose une mesure prohibée au plaignant et que la mise à pied de ce dernier le 9 septembre 2009 lui a été imposée en raison de son allégeance syndicale», conclut-elle.

Au cours d'une rencontre avec la presse mardi, dans les bureaux de la CSN à Montréal, le plaignant, M. Richard, a dit souhaiter que sa cause ait un effet sur d'autres syndiqués. «Je n'ai aucune idée comment ça va se dérouler après. J'espère que ça va aller mieux. J'espère que ça va aider aussi d'autres personnes qui sont dans la même situation que moi-même», a-t-il commenté.

La CSN a d'ailleurs fait savoir que des plaintes de discrimination avaient été déposées dans d'autres dossiers.

M. Richard demande également d'être réintégré dans son emploi et réclame le paiement du salaire et des avantages perdus. Cette partie de la cause sera traitée ultérieurement.

Réaction de la FTQ-Construction

La FTQ-Construction a fait savoir, par voie de communiqué, qu'elle étudiait le jugement «et les moyens disponibles pour contester la décision». Elle se dit «convaincue que la preuve ne démontre pas la culpabilité de l'organisation dans ce dossier».

La FTQ-Construction rappelle que durant les deux dernières années, «trois jugements différents avaient permis d'acquitter des représentants de syndicats locaux membres de la FTQ-Construction qui avaient été faussement accusés d'intimidation».

Le directeur général de la FTQ-Construction, Yves Ouellet, affirme que «notre organisation n'a jamais encouragé l'intimidation et ne le fera jamais».

Le principe du placement syndical, qui est en cause dans ce dossier, a depuis été aboli par une loi.

Toutefois, la Commission de la construction du Québec n'ayant pas réussi à implanter à temps son propre système de référence de la main-d'oeuvre, le gouvernement lui a accordé un délai. Le nouveau système de référence des ouvriers doit entrer en vigueur en septembre prochain.

La CSN semble toutefois craindre que les grands syndicats de la construction puissent encore influer sur le cours des choses, même si le placement d'ouvriers par les syndicats n'est plus autorisé.

«Nous espérons qu'on va faire abstraction de tout lien avec du placement syndical et qu'on se retrouve avec un véritable système de référence entre les employeurs et les travailleurs, contrôlé par la Commission de la construction du Québec, sinon les pratiques qui ont été dénoncées dans la décision de la CRT vont se poursuivre», a affirmé le vice-président de la CSN, Jean Lacharité.

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