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Corée du Nord : Washington promet de défendre ses alliés

02/04/2013 03:36 EDT | Actualisé 01/06/2013 05:12 EDT

Washington a promis de défendre ses alliés sud-coréen et japonais face aux nouvelles menaces nucléaires de la Corée du Nord, qui a annoncé mardi son intention de redémarrer un réacteur nucléaire arrêté en 2007.

« Les États-Unis n'accepteront pas que la Corée du Nord soit une puissance nucléaire et [...] feront ce qu'il faut pour se défendre et défendre leurs alliés, la Corée [du Sud] et le Japon », a martelé le secrétaire d'État américain John Kerry, au côté de son homologue sud-coréen Yun Byung-se, qu'il rencontrait à Washington.

M. Kerry a en outre dénoncé la « rhétorique inacceptable » du régime nord-coréen ces derniers jours, assurant que son pays était « complètement prêt » à défendre ses alliés.

Un peu plus tôt en journée, la Maison-Blanche a appelé Pékin et Moscou à contenir Pyongyang. « Il n'est un mystère pour personne que la Chine a une influence sur la Corée du Nord », a indiqué le porte-parole de la Maison-Blanche, Jay Carney, lors de son point de presse quotidien.

Peu après l'annonce du redémarrage du réacteur, la Chine a demandé à la Corée du Nord de faire preuve de « retenue » et a exprimé ses regrets quant à cette nouvelle menace.

Washington estime que cette annonce faite par la Corée du Nord est une « indication de plus » que Pyongyang « viole ses obligations internationales ».

Par l'intermédiaire de l'agence de presse officielle nord-coréenne, Pyongyang a notamment signalé qu'elle « réaménageait et redémarrait » les installations de son complexe nucléaire de Yongbyon, qui comprend un site d'enrichissement d'uranium ainsi qu'un réacteur.

Ce complexe nucléaire était fermé depuis 2007. Cette année-là, Pyongyang avait accepté d'interrompre les activités nucléaires sur ce site en échange d'une aide économique internationale et de garanties de sécurité. Le processus semblait bien engagé depuis la désactivation du réacteur de Yongbyon en juillet 2007 et la démolition de sa tour de refroidissement en juin 2008.

Selon un porte-parole du ministère nord-coréen de l'Énergie atomique, la réouverture des installations vise à remédier au manque d'électricité, mais également à « augmenter l'armement nucléaire, autant en qualité qu'en quantité ».

Tensions avec les États-Unis

Cette annonce survient alors que les tensions s'accroissent entre la Corée du Nord et la Corée du Sud. Samedi, Pyongyang avait déclaré que le pays était en état de guerre contre Séoul, en réponse aux manoeuvres militaires conjointes des États-Unis et de la Corée du Sud dans la péninsule.

Depuis quelques semaines, le régime de Kim Jong-un multiplie les menaces d'attaques nucléaires contre les États-Unis. En réponse, Washington a positionné une plateforme radar semi-submersible et un contre-torpilleur près des côtes nord-coréennes.

Cette décision vise à lui offrir « plus d'options en matière de missiles de défense si cela devenait nécessaire », selon une source du Pentagone ayant requis l'anonymat.

Dans un discours prononcé dimanche mais qui n'a été rendu public que mardi, le dirigeant Kim Jong-un a accusé les États-Unis d'entraîner la Corée du Nord dans un conflit afin de lui nuire sur le plan économique. Il a aussi indiqué que l'artillerie nucléaire de son régime garantirait sa sécurité.

« Notre puissance nucléaire est une force de dissuasion fiable et une garantie pour la préservation de notre souveraineté », a-t-il lancé devant le comité central du Parti des travailleurs de Corée.

Cette crise va trop loin, selon Ban Ki-moon

Ce nouvel épisode dans l'escalade de menaces entre les deux Corée inquiète le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, qui a déclaré mardi que « cette crise était allée trop loin ».

Ban Ki-moon, qui a pris la parole dans la Principauté d'Andorre, entre la France et l'Espagne, a répété que la seule façon de résoudre le problème demeurait la négociation.

Pyongyang s'est livré, en février dernier, à un troisième essai nucléaire après ceux de 2006 et de 2009. Peu de temps après, le Conseil de sécurité de l'ONU a annoncé de nouvelles sanctions contre la Corée du Nord, provoquant la colère du régime.

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