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02/04/2013 07:16 EDT | Actualisé 02/06/2013 05:12 EDT

Corée du Nord: les Etats-Unis défendront leurs alliés sud-coréen et japonais

Les Etats-Unis ont promis mardi de se défendre et de protéger leurs alliés sud-coréen et japonais face à de nouvelles menaces nucléaires de la Corée du Nord, l'ONU avertissant que la crise risquait d'échapper à tout contrôle.

Rétif aux injonctions de Washington et de Séoul, Pyongyang a multiplié les annonces et les actes de défi depuis le lancement réussi en décembre d'une fusée, considéré par la communauté internationale comme un tir d'essai de missile balistique, puis un troisième essai nucléaire en février.

Et dans son bras de fer avec le reste du monde, la Corée du Nord a été plus loin mardi en annonçant son intention de redémarrer un réacteur nucléaire arrêté en 2007 malgré les résolutions de l'ONU lui interdisant tout programme atomique.

En réaction, le secrétaire d'Etat américain John Kerry a dénoncé, au côté de son homologue sud-coréen Yun Byung-se, "la rhétorique inacceptable (...) du gouvernement nord-coréen ces derniers jours".

"Les Etats-Unis n'accepteront pas que la Corée du Nord soit une puissance nucléaire et (...) feront ce qu'il faut pour se défendre et défendre leurs alliés, la Corée (du Sud) et le Japon", a martelé M. Kerry, assurant que son pays était "complètement prêt".

Washington déploie d'ailleurs un radar de défense antimissile balistique pour détecter depuis le Pacifique d'éventuels lancements de missiles nord-coréens, a confié un responsable de la Défense.

Quelque 28.500 militaires américains sont basés en Corée du Sud, près de 50.000 au Japon et des milliers d'autres sur les bases américaines de Guam et d'Hawaï.

Dans ce qui s'apparente à une diplomatie de la canonnière, les Etats-Unis multiplient les annonces de mouvements d'équipements militaires.

Le Pentagone a rendu public le vol de bombardiers B-52 et de bombardiers furtifs B-2 au-dessus de la Corée du Sud ainsi que l'envoi sur la base sud-coréenne d'Osan de deux F-22 Raptor, les chasseurs furtifs les plus avancés de l'arsenal américain.

Mais la Corée du Nord n'a pas désarmé.

Au contraire, elle a annulé l'armistice avec Séoul et s'est déclarée "en état de guerre", 60 ans après la fin de la guerre de Corée.

Et elle annoncé mardi qu'elle "réaménageait et redémarrait" toutes les installations de son complexe nucléaire de Yongbyon, dont un site d'enrichissement d'uranium et un réacteur de cinq mégawatts.

Ce réacteur était la seule source de plutonium pour le programme nucléaire militaire du Nord, qui en disposerait encore suffisamment pour produire entre quatre et huit bombes. L'uranium n'est pas plus puissant que le plutonium mais le sous-sol nord-coréen en est riche.

Le chef de la diplomatie sud-coréenne a assuré avec M. Kerry qu'ils étaient "tombés d'accord pour renforcer une dissuasion crédible et solide face aux provocations conventionnelles et nucléaires de la Corée du Nord".

Le secrétaire d'Etat américain a toutefois pris soin de ne pas rajouter à la tension, répétant que la voie de la diplomatie restait ouverte pour Pyongyang.

"Les Etats-Unis croient qu'il existe un chemin très simple pour que la Corée du Nord rejoigne la communauté des nations et dise clairement qu'elle poursuit un objectif pacifique", a-t-il argumenté, plaidant pour "des négociations en vue d'une dénucléarisation".

De fait, si la Corée du Nord multiplie les déclarations belliqueuses, la Maison Blanche a souligné que cette "rhétorique" n'était accompagnée d'aucun geste présageant d'une action militaire d'ampleur.

La présidence américaine a également appelé la Chine et la Russie à user de leur influence auprès de la Corée du Nord. Pékin a fait part de ses "regrets" après l'annonce de Pyongyang sur son réacteur et rappelé son attachement à la "dénucléarisation" de la péninsule coréenne.

Mais aux yeux du secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon, la crise coréenne est "déjà allée trop loin".

"Les menaces nucléaires ne sont pas un jeu", a-t-il averti depuis Andorre.

A Vienne, l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) a jugé "profondément regrettable" la "violation flagrante" par Pyongyang des résolutions de l'ONU.

Puissance nucléaire militaire depuis son premier essai en 2006, la Corée du Nord avait accepté en 2007 d'interrompre ses activités atomiques en échange d'une aide économique et de garanties de sécurité.

Mais Pyongyang a toujours refusé les inspections de ses installations et s'était retiré en décembre 2008 des négociations à Six sur son programme nucléaire associant la Chine, les Etats-Unis, le Japon, la Russie et les deux Corées.

En 2010, le régime avait dévoilé à des scientifiques américains qu'il travaillait sur la construction d'un réacteur nucléaire, officiellement pour une utilisation civile, avec de l'uranium enrichi.

Il avait ensuite laissé entendre en février 2012 qu'il comptait suspendre ses programmes nucléaires et de tests de missiles après un accord passé avec les Etats-Unis sur des aides alimentaires. Mais cet accord a rapidement pris fin après un tir raté de fusée le 13 avril 2012, également considéré comme un tir de missile balistique.

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