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Un Lavallois disparaît en route vers un dangereux poste frontalier au Mexique

01/04/2013 04:51 EDT | Actualisé 01/06/2013 05:12 EDT

MONTRÉAL - Les amis d'un résidant de Laval, porté disparu alors qu'il circulait dans une dangereuse région du nord du Mexique, se sont dits confiants de le retrouver et de le ramener à la maison.

Marc Ménard n'a pas donné de nouvelles depuis plus de deux semaines.

Le quadragénaire rentrait au Canada après un périple de trois mois au Mexique. Il conduisait une camionnette blanche de marque Pontiac, immatriculée au Québec, et était accompagné de son chien basset, Maya.

Il avait prévu franchir la frontière entre les États-Unis et le Mexique par la ville de Nuevo Laredo, réputée pour être dangereuse et où les actes de violence liés aux cartels de la drogue sont légion. Ses amis précisent qu'il s'agit de l'itinéraire qu'il avait choisi d'emprunter, mais personne ne sait s'il s'est rendu dans l'explosive ville.

Marc Morneau, un ami de longue date de M. Ménard, a confié lundi que le Lavallois n'est pas du genre à disparaître sans donner de nouvelles.

«Il a une maison assez modeste, un camion assez modeste, il avait quand même des obligations et sa fille est très importante pour lui. Non, il ne peut pas faire ça.»

Selon M. Morneau, M. Ménard aurait discuté avec des membres de sa famille pour la dernière fois alors qu'il se trouvait à Matehuala, à quelque 500 km au sud de la frontière américano-mexicaine.

À Matehuala, on a répertorié un retrait bancaire le 12 mars. Et M. Morneau dit qu'un ami aurait eu une conversation avec M. Ménard par Skype, le 14 mars.

«Il y en a peut-être eu d'autres, mais le dernier contact dont on est sûr, c'est le 14 mars, a précisé M. Morneau. Il était dans une chambre d'hôtel, il disait qu'il allait bien, qu'il était sur le chemin du retour et qu'il avait hâte d'arriver.»

Depuis, il n'y a eu que des silences.

M. Morneau a confié que M. Ménard a effectué ce voyage sans téléphone cellulaire et qu'il ne s'exprime que très peu en anglais et en espagnol. Il possédait toutefois un ordinateur portatif qu'il utilisait pour communiquer avec ses parents et amis.

«Il apprenait quelques mots d'espagnol chaque fois qu'il se rendait au Mexique», a déclaré M. Morneau, ajoutant que M. Ménard y effectuait des séjours réguliers depuis 2010.

M. Morneau se demande si son ami n'a pas été détenu pour une raison quelconque.

«S'il est en prison, il faut trouver où il est. La première étape, c'est d'aller le trouver, et on y retournera dans une deuxième étape pour essayer de voir ce qu'on peut faire pour le sortir de là.»

M. Ménard, marié et père d'une fille d'âge adulte, est chauffeur d'autobus à la Société de Transport de Laval (STL) depuis plus de 20 ans. Il devait reprendre le travail ce mardi et, selon M. Morneau, il aurait dû être rentré au pays depuis une quinzaine de jours.

D'ailleurs, la STL doit lancer une collecte de fonds pour aider à retrouver M. Ménard au Mexique. Aussi, un groupe de gens qui «savent comment fonctionnent les choses au Mexique» et qui parlent couramment l'Espagnol doivent y arriver plus tard cette semaine.

Selon M. Morneau, l'initiative de déléguer des gens sur le terrain au Mexique vise à voir si de potentielles sources d'information seront plus transparentes face à face.

Aussi, une page Facebook a été créée pour donner des détails sur la disparition de M. Ménard et, selon M. Morneau, la page a été visitée quelque 150 000 fois en quatre jours.

M. Morneau a aussi confié que les informations venant de sources officielles — canadiennes et mexicaines — ont été rares jusqu'à maintenant.

«Tout ce que nous savons de l'ambassade (canadienne), c'est qu'il n'a pas traversé la frontière, a déclaré M. Morneau. Aucune autre information ne nous est venue du Mexique.»

Amanda Reid, porte-parole du ministère des Affaires étrangères, a fait savoir que les fonctionnaires consulaires canadiens ont commencé à échanger des informations avec les membres de la famille et amis de M. Ménard au Canada. Selon Mme Reid, les fonctionnaires tentent aussi d'obtenir plus d'informations auprès des autorités locales.

Le ministère des Affaires étrangères a déjà émis un avis dans lequel il recommande «de se rendre au Mexique par avion afin d’éviter les postes frontaliers terrestres menant à des régions potentiellement dangereuses».

Plus précisément, les Affaires étrangères recommandent d'éviter tout voyage non essentiel dans des États du nord du Mexique, notamment Tamaulipas, où se trouve le poste frontière de Nuevo Laredo, «en raison du niveau élevé de violence liée au crime organisé qui perdure».

M. Ménard effectuait des voyages au Mexique tous les ans depuis quelques années, mais toujours pas avion et, habituellement, pour de plus courtes périodes de temps et avec un sac à dos. Cette fois-ci, il s'était promis de tout voir.

Il a quitté en direction du Mexique le 14 décembre. En raison des célébrations entourant la fin du calendrier maya, en décembre, M. Ménard sentait le besoin de s'y rendre. D'ailleurs, il possède de nombreux tatouages du calendrier et de pyramides mayas sur son corps.

«Il était un fanatique de la culture maya, affirme M. Morneau. C'était l'année pour prendre des vacances avec les Mayas, et il avait promis d'y aller à fond et tout voir.»

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